Suffisamment de raisons de croire que l’année 2020 sera fructueuse

Opinion du 31/01/2020 de Fa Quix

Tout le monde s’accorde pour appeler à la vigilance dans le contexte volatile actuel. Les défis sont en effet légion, auxquels s’ajoute encore maintenant le coronavirus. Mais il y a aussi suffisamment de raisons de croire que l’année 2020 sera fructueuse. Ce fait est moins mis en lumière.

Et pourtant. Jetons un coup d’œil du côté des principaux indicateurs macro-économiques : ils sont au vert. Prenons le prix du pétrole. En début d’année, on craignait qu’il s’envole dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, et notamment suite aux graves incidents entre les Etats-Unis et l’Iran. Mais en réalité, le prix du pétrole s’est rapidement établi dans la fourchette de 60 à 65 dollars par baril de Brent, voire même en deçà. L’effet d’inflation potentiel se voit ainsi annulé.

Grâce à cette situation, l’inflation en Europe occidentale, et surtout en Belgique, est sous contrôle et demeure en deçà des 2 % sur une base annuelle. Il en résulte un ralentissement de l’augmentation des coûts salariaux suite à une ‘indexation’ moins rapide des salaires. C’est une bonne nouvelle pour la position concurrentielle de nos entreprises et, partant, pour l’emploi.

Les taux d’intérêt restent également faibles, à peu près nuls, voire légèrement négatifs. Ainsi circule suffisamment d’argent bon marché pour financer de nouveaux projets d’entreprises. Pour le gouvernement, cela implique depuis des années une baisse de la charge de la dette publique.

Même les parités monétaires ne se portent pas trop mal. Le dollar reste fort (logique, car l’économie américaine croît deux fois plus vite que celle de la zone euro, et les bénéfices des entreprises poursuivent leur ascension). La livre sterling, quant à elle, ne glisse pas, malgré les incertitudes qui continuent d’entourer le Brexit. Certes, il y a des pays qui cherchent à tirer profit d’une dévaluation monétaire, comme la Turquie. Mais toute dépréciation a ses effets pervers (par ex. l’inflation), bien qu’elle risque, dans l’intervalle, de nuire considérablement à nos exportations.

Par ailleurs, l’économie mondiale poursuivra sa croissance en 2020. Certains pays en profiteront plus que d’autres, mais c’est toujours une bonne nouvelle pour un pays exportateur comme la Belgique.

Quant au commerce avec le Royaume-Uni, il se maintiendra selon les mêmes conditions en 2020, même si le Royaume-Uni a quitté l’UE le 31 janvier. Le risque d’un Brexit dur fin 2020 s’est considérablement atténué. Et n’oublions pas que la majeure partie de nos exportations sont intracommunautaires. Nous devons être conscients des avantages que présente le marché unique. Même si celui-ci n’est pas encore achevé.

En Belgique, certaines mesures du précédent gouvernement Michel I produiront cette année leur plein effet : le ‘tax shift’ est venu soutenir le pouvoir d’achat, après avoir freiné la hausse des coûts salariaux. Cette année verra aussi l’application des taux réduits sur l’impôt des sociétés. Enfin, l’absence d’un nouveau gouvernement n’a, pour l’heure, pas d’incidence négative sur le climat des affaires (mais il ne faudrait pas non plus que la formation fédérale s’éternise).

En résumé, nous constatons que, malgré les nombreux défis et les nombreuses incertitudes, il y a suffisamment de raisons de croire que l’année 2020 sera fructueuse.

Fa Quix, directeur général