Quand la peur l’emporte sur la raison

Opinion du 04/09/2020 de Fa Quix

Et plus important : depuis des mois, il n’y a plus de hausse notable du nombre de patients atteints du Covid-19 admis en soins intensifs, et presque plus de décès. Bref, les raisons qui ont poussé à imposer un confinement sévère en mars, à savoir ‘aplanir la courbe’ pour éviter de surcharger les hôpitaux, n’entraient plus en jeu cet été. Et malgré tout, des mesures rigoureuses ont été annoncées.

Fin août, le professeur Jean-Luc Gala, chef de clinique aux Cliniques Universitaires Saint-Luc à Bruxelles, s’en est pris aux mesures trop strictes qui détruisent notre économie. Et il est loin d’être le seul. Mais les gouvernements écoutent encore unilatéralement les virologues de la peur qui, chaque jour, nous menacent d’un doigt accusateur dans presque tous les médias, en particulier au nord du pays.

La peur l’emporte sur la raison. Il en résulte des mesures de restriction des libertés qui vont trop loin, du paternalisme et même de la répression. De la répression ? Comment qualifier autrement l’introduction d’un couvre-feu en soirée dans la province d’Anvers ? Ou le port généralisé du masque dans tous les lieux publics, comme dans la plupart des communes de la côte et dans d’autres villes, même dans les bois et les rues désertes.

Tout cela pèse sur la confiance du citoyen, qui est aussi un consommateur. Autre limitation absurde : l’obligation de faire ses achats seul et 30 minutes maximum dans le magasin, même pendant les soldes. Pas étonnant que les gens préfèrent rester chez eux. Et faire plus d’achats en ligne, ce qui implique plus d’importations en provenance d’Asie. Ce sont ainsi le secteur du commerce de détail, mais aussi notre industrie qui en souffrent. Le secteur de la mode, par exemple, est passé à côté de centaines de millions d’euros. Mais aussi pour les magasins de meubles et de décoration intérieure, les magasins de literie, les cuisinistes, les fournisseurs de sanitaires, etc., cela se traduit par un manque à gagner. Ces restrictions sur le shopping n’auraient d’ailleurs jamais dû être imposées.

On pourrait presque penser que nos dirigeants le font exprès. Qu’ils préfèrent verser des millions d’euros d’aides provenant de l’argent de nos contribuables plutôt que de stimuler le secteur privé pour lui permettre de prospérer et d’augmenter son chiffre d’affaires.

Et donc de compter moins sur les aides publiques. Lors de la dernière semaine des soldes, l’obligation de faire ses courses seul en une demi-heure a été levée. Mais cela n’est arrivé qu’après le week-end. Pas suffisant et trop tard. 

Tout cela a permis de clarifier une chose : plus jamais un confinement complet ! Même en cas de vraie deuxième vague ou de nouveau virus. La virologue suédoise Emma Frans, qui s’opposait au confinement – un confinement qui n’a jamais été mis en place et ne le sera jamais en Suède, rappelons-le –, avait déclaré : “On sait quand on commence un confinement, mais on ne sait jamais quand on en sort et comment”. Les ravages sociaux, économiques et psychologiques sont trop importants. Parce qu’avec quelques mesures simples, nous pouvons combattre n’importe quel virus de manière efficace : la distanciation, l’hygiène des mains, la limitation (temporaire) des contacts sociaux. Sans oublier les masques, dans les espaces intérieurs, lorsqu’il n’est pas possible de maintenir les distances. C’est tout. Espérons que ‘l’ancienne normalité’ revienne au plus vite.

Fa Quix, directeur général