Je ne comprends pas pourquoi les syndicats défilent lors des marches pour le climat

Opinion du 08/02/2019 de Fa Quix

Il est évident que certains médias activistes veulent faire du ‘Climat’ un thème électoral. L’empressement qu’ils montrent à soutenir, souvent sans nuances, les élèves qui brossent leurs cours n’est ni ‘fortuit’ ni ‘innocent’. Il sert un agenda politique et une famille politique qui préconise une idéologie sous-jacente frôlant l’interventionnisme d’État.

N’y a-t-il donc aucun problème avec le climat ? Si, bien sûr. Mais premièrement, ce n’est pas le seul problème urgent. Et deuxièmement, nous ne pourrons enregistrer des résultats tangibles qu’en agissant au niveau mondial, pas au niveau européen et encore moins au niveau belge ou wallon. Rappelons quelques faits : la Belgique est responsable d’à peine 0,2 % des émissions mondiales de CO2 (et la Wallonie de la moitié à peu près). La Chine en revanche représente… 28 % des émissions et, loin derrière elle, à la deuxième place, on trouve les Etats-Unis avec environ 15 %. L’Europe dans son ensemble arrive à environ 10 %, et ce pourcentage est en baisse. De même, la consommation totale d’énergie au sein de l’Union n’augmente pas. Les Etats-Unis, quant à eux, stabilisent leurs émissions et la Chine… émettra probablement encore plus de CO2 à l’horizon 2030, bien qu’elle investisse fortement dans les énergies renouvelables… Oui, mais avec une croissance annuelle de 6 %…

Allons-nous donc mener dans notre pays une politique climatique qui freine notre économie ? Tout en sachant que cela ne nous mènera pas à grand-chose dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

Et en sachant que notre industrie est la plus économe en énergie et la plus écologique au monde ? Allons-nous, en prenant des mesures coûteuses et irréfléchies en faveur du climat, scier la branche de la prospérité sur laquelle nous sommes assis ? L’inquiétude justifiée concernant le climat s’est transformée en une hystérie climatique. Si nous n’y prenons garde, cela nous coûtera très cher, à nous citoyens et entreprises… pour, répétons-le, de bien maigres résultats.

Et à cela s’ajoute le fait que ces marches pour le climat sont soutenues, voire même organisées, par les syndicats. Je ne comprends pas. Et je ne suis pas seul. Un rédacteur de De Tijd de souligner : “Les syndicats protestent depuis quatre ans contre la baisse du pouvoir d’achat alors qu’il a augmenté selon la Banque Nationale. Qu’en sera-t-il lorsqu’il faudra réellement répercuter le coût environnemental de tous nos produits ?”. Car finalement c’est bien pour cela que les syndicats défilent lors de ces marches pour le climat.

Et en parallèle, les syndicats quittent la table des négociations du Groupe des Dix sur la hausse du pouvoir d’achat. La loi sur la concurrence a pourtant prévu une réelle marge salariale – en plus de l’index ! – de 0,8 %. Or, elle a été rejetée avec dédain comme étant ‘insuffisante’. Avec l’indexation, les salaires augmenteront en moyenne de 4,6 % à 4,8 % sur 2 ans (sans parler de la 3e phase du tax shift qui augmentera le pouvoir d’achat net). Insuffisant ?! Mais exiger des mesures climatiques qui détruiront le pouvoir d’achat, oui, ça, les syndicats trouvent acceptable !

Le Groupe des Dix peut d’ailleurs prévoir (à la table des négociations) d’autres mesures qui devraient intéresser les syndicats : la répartition de l’enveloppe bien-être d’un montant d’environ 700 millions d’euros, qui peut améliorer le pouvoir d’achat des plus vulnérables en particulier, et un éventuel régime de fin de carrière plus souple (RCC et emplois de fin de carrière).

Il reste difficile de comprendre que les syndicats se laissent entraîner dans un combat – le climat – qui ne fait pas partie de leurs missions principales. Qu’ils participent à la réflexion sur la problématique passe encore. Et qu’ils fassent en sorte d’atténuer les conséquences possibles des mesures climatiques dans les secteurs et les entreprises au moyen de la concertation sociale, là encore très bien (cf. Déclaration de Silésie). Mais qu’ils soutiennent des mesures climatiques qui détruisent le pouvoir d’achat, ça non, je ne le comprends pas.

Fa Quix, directeur général