Get up Wallonia, bien sûr… mais ne risque-t-on pas d’oublier l’industrie manufacturière, l’épine dorsale de l’économie ?

Opinion du 20/04/2021 de Fa Quix

Ce projet est très ambitieux, englobant une série impressionnante de mesures. Cela fait néanmoins penser à cet autre projet ambitieux dans le passé, dénommé le ‘Plan Marshall’ … mais qui en réalité n’a pas vraiment réussi à redresser l’économie en Wallonie, bien qu’il contînt certaines initiatives louables. Le résultat moins satisfaisant qu’espéré résultait du fait que l’approche était trop ‘top-down’ au lieu de ‘bottom up’ (= c’est à dire renforçant l’initiative privée). Il n’est pas concevable que Get Up Wallonia subisse le même sort que le Plan Marshall : un système qui tourne un peu sur lui-même, sans véritable pilotage et ayant produit finalement peu de résultats et d’implication des pme en regard des moyens qui lui ont été consacrés. 

Avec Get Up Wallonia, il faut à tout prix éviter que la même histoire se répète. L’industrie manufacturière qui apparaît actuellement relativement délaissée dans Get Up Wallonia et l’initiative privée doivent se trouver au centre des préoccupations. Get Up Wallonia doit impérativement miser sur les entreprises, les forces vives de l’économie wallonne. 

Mais au-delà des ‘entreprises stratégiques’ ou de ‘sociétés impliquées dans le commerce électronique’, ou ce rêve abstrait d’une politique industrielle axée sur les chaînes de valeur stratégiques, sur lesquelles semble miser actuellement Get up Wallonia, n’oublions pas le large tissu industriel qui existe encore en Wallonie et qui mérite tout autant d’attention.

Un autre exemple de politique ‘top-down’ est la proposition de “réformer les Centres de Recherche Agréés et le désir de créer un ou deux centre(s) de référence d’envergure européenne et internationale sur les thèmes prioritaires de la Région”. Nous disposons déjà de centres de connaissances de référence en Wallonie et/ou pour les entreprises wallonnes, à savoir Centexbel pour le textile et Wood.be pour l’industrie du bois et de l’ameublement. Ils travaillent exclusivement en fonction des entreprises. On ne va tout de même pas les contraindre à procéder à des fusions ou à des intégrations contre-nature ?

La relance économique (et sociale) en Wallonie ne peut se faire de manière durable qu’en renforçant l’initiative privée, notamment des milliers d’entreprises industrielles, dont de nombreuses sont actives dans le textile, le bois et l’ameublement. Le renforcement de ces entreprises est la clé. Et de quoi doit alors s’occuper le gouvernement prioritairement ? De garantir un climat d’entreprenariat attractif et un enseignement de qualité. Ces deux choses nous permettraient déjà d’aller très loin.

Fa Quix, directeur général