Pour les entreprises orientées vers l'exportation, cette deuxième vague de coronavirus a beaucoup plus d'impact que la première

Opinion du 19/02/2021 de Fa Quix

Comme les magasins ont été fermés pendant ‘seulement’ 4 semaines (novembre 2020) lors de la deuxième vague de Covid-19, contre 8 semaines lors de la première vague (de mi-mars à mi-mai), certains pensent que notre secteur ne sera pas touché cette fois-ci : les ventes dans les magasins belges se poursuivent normalement, même s'il faut appliquer certaines mesures de sécurité.

Mais notre industrie est avant tout orientée vers l'exportation. Les ventes ne dépendent pas que de la distribution et des ventes intérieures, mais aussi pour une grande partie des ventes à l'étranger. Pas moins de 80 % des produits textiles fabriqués en Belgique sont vendus à l'étranger. Ce pourcentage est légèrement inférieur pour l'industrie de l'ameublement et du bois, mais les exportations représentent là aussi environ 65 % du chiffre d'affaires.

Et c'est précisément là que le bât blesse. Sur trois de nos principaux marchés d'exportation, les 'magasins non essentiels' sont fermés, et ce depuis quelque temps déjà, et pourraient le rester pour une certaine période encore. En Allemagne depuis le 16 décembre jusqu'au 8 mars, aux Pays-Bas depuis le 15 décembre jusqu'au 2 mars au moins, et au Royaume-Uni (lockdown) depuis le 4 janvier jusqu'au 8 mars au moins. Lors de la première vague, les magasins de ces pays étaient tous ouverts. Magasins d’ameublement et de décoration, magasins de confort du sommeil, magasins d'aménagement intérieur... tous fermés depuis un certain temps dans ces pays. 

En revanche, en Belgique et en France, où les magasins ont été fermés le plus longtemps lors de la première vague, ils sont maintenant rouverts depuis trois mois. Mais cela ne compense pas la perte spectaculaire des ventes dans les trois pays voisins mentionnés, où les magasins sont fermés. Pour les nombreuses entreprises qui vendent principalement à ces pays, la deuxième vague de Covid-19 est beaucoup plus sévère que la première. Cette crise est donc loin d'être terminée. 

Deux conclusions. Premièrement, les vaccinations doivent maintenant s'accélérer, dans toute l'Europe. Plus vite les vaccinations sont effectuées, en particulier parmi les groupes les plus vulnérables, plus vite les règles peuvent être assouplies et les magasins peuvent rouvrir partout. Deuxièmement : la fermeture des magasins est et restera une mesure corona disproportionnée et inefficace. Cette mesure n'a nulle part sérieusement affecté les taux de contamination. La meilleure preuve en est notre pays, où les chiffres n'ont pas augmenté depuis la réouverture le 1er décembre, bien au contraire. Là où les magasins ont été fermés, l'effet positif n'a pas été prouvé... mais le préjudice économique évitable se chiffre en dizaines de milliards d'euros. Les décideurs n'apprennent-ils jamais de leurs erreurs ? 

Fa Quix, directeur général