Une politique de relance ? Rétablir la confiance !

Opinion du 10/07/2020 de Fa Quix

Le besoin de relancer l’économie à la suite de la crise désastreuse du Covid-19 ne fait aucun doute, et ce tant en Belgique que dans de nombreux autres pays. Nous devons retrouver au plus vite le niveau auquel nous nous trouvions avant l’épidémie.

Les politiciens, qui nous ont promis que les entreprises en bonne santé économique avant la crise du coronavirus devraient également pouvoir en sortir saines, doivent tenir leur parole. Les entreprises ne sont en effet pas responsables du marasme économique actuel, elles en sont les victimes. Après le confinement soudainement imposé par le gouvernement, c’est à lui à présent de s’assurer d’une relance rapide de l’économie.

Cette politique de relance ne peut et ne doit toutefois pas prendre n’importe quelle forme. Outre les mesures de transition nécessaires, notamment le chômage temporaire pour cause de force majeure, le plan bancaire, et autres, l’économie doit à présent être de toute urgence remise sur les rails. Mais par le biais de mesures ciblées et efficaces sur le plan des coûts et non avec des cadeaux de Saint-Nicolas tels qu’un railpass gratuit pour tous les citoyens, des chèques consommation de 300 euros ou d’insensées baisses de la tva. Ces cadeaux ne font qu’accroître nos dépenses et n’apportent aucune solution structurelle. 

Nous tenons à rappeler que Fedustria a toujours réclamé une réduction des charges salariales financée notamment à l’aide d’une augmentation des impôts indirects, de taxes sur la pollution, etc. L’importation de vêtements, de meubles et d’appareils électroniques participe alors elle aussi au financement de notre sécurité sociale, à l’instar de ce qui est produit chez nous. Simultanément, nos entreprises sont plus compétitives au niveau des coûts, une tendance bien entendu fondamentale pour nos exportations essentielles à notre économie. En effet, le chiffre d’affaires du secteur textile belge provient à 80 % des exportations, celui de l’industrie du bois à 65 % et celui de l’industrie de l’ameublement à plus de 50 %. 

Le problème actuel est que le consommateur ne consomme pas suffisamment, et ce non seulement en Belgique, mais aussi sur nos principaux marchés. Les chiffres en baisse de la confiance des consommateurs le prouvent. 

Et c’est là que se trouve la clé : la confiance ! Le rétablissement de la confiance des consommateurs est le plus gros cadeau que peuvent nous offrir la Belgique et les pays voisins.

Les gouvernements doivent redonner aux consommateurs l’envie de sortir de chez eux et d’investir dans de nouveaux produits.

L’Europe peut elle aussi y contribuer. On attend beaucoup du ‘bazooka anticrise’ de 750 milliards d’euros annoncé par l’Europe. Nous tenterons d’en diriger une partie vers notre secteur. Mais même si la majorité de ces fonds va aux Etats membres de l’UE les plus touchés, c’est une bonne chose pour nous si ce plan permet de sauver ces pays. Nos exportations vers ces pays seront en effet sauvées elles aussi. Nous n’avons aucun intérêt à voir par exemple l’Italie sombrer, même si cela ne signifie pas que ce pays ne doit pas mener de réformes structurelles. 

L’Europe devrait également réserver au maximum l’accès aux marchés publics aux produits fabriqués en Europe. Au final, c’est l’industrie européenne qui assure la sécurité sociale au sein de l’Union.

Et n’oublions pas les plans de relance nationaux tels que les 130 milliards d’euros que l’Allemagne va injecter dans son économie. Ces plans de relance nationaux pourraient devenir la meilleure politique de relance pour nos entreprises, pour nous en tant que fournisseurs. A condition de préserver le marché interne, l’un des fondements de l’UE, et que le libre commerce reste à la base des relations internationales tant à l’intérieur de l’Union qu’en dehors.

Fa Quix, directeur général