Réduire le débat au seul ‘climat’ conduira à des choix stratégiques erronés

Opinion du 22/10/2021 de Fa Quix

C’est comme si la fin du monde était programmée pour 2030 : c’est en tout cas ce que l’on pourrait penser en écoutant les médias. En effet, la situation présentée est tellement alarmiste que l'on a l'impression que toute la politique actuelle doit se concentrer uniquement sur la lutte contre le changement climatique. Toutes les autres priorités sont-elles donc tombées à l'eau ? De plus, ces militants pour le climat bénéficient d'une énorme couverture médiatique pour présenter leurs scénarios apocalyptiques.

Le problème de cet alarmisme climatique est qu'il a la fâcheuse habitude de constamment crier à l'apocalypse. En résumé, si des mesures draconiennes ne sont pas prises, la fin de la planète bleue est imminente. Tout d'abord, ces annonces sont fausses, la planète sera encore tout à fait viable en 2030. Mais surtout, qu’y gagnent-ils ? L'inverse de ce qu'ils veulent, à savoir l'action. Parce que si tout est vraiment perdu, est-ce que cela vaut encore la peine d'agir, voici se demandent de nombreuses personnes avec résignation. ‘Cela ne fera que coûter de l’argent, et pour quoi ?’ En effet, ce n’est pas ainsi que l’on crée du soutien.

Le deuxième problème est qu'ils s'engagent unilatéralement pour l'‘atténuation’ (limiter les conséquences pour le climat) et pas suffisamment pour l'‘adaptation’ (mesures pour protéger la population contre les changements climatiques, comme les inondations, les vagues de chaleur, ...). De nombreux ‘écomodernistes’ reprochent aux ‘écologistes’ cette unilatéralité. L'experte climatique allemande Friederike Otto est une fervente militante, mais elle a néanmoins récemment déclaré ouvertement ceci : "L'adaptation au changement climatique est aussi importante que la lutte contre celui-ci » (dans le journal De Standaard du 16 octobre 2021).

Ensuite viennent les ‘solutions’, qui représentent un troisième problème. L'objectif est d'atteindre le ‘zéro net’, donc qu'il n'y ait plus aucune émission nette de CO2. C’est bien. Les forêts se chargent déjà d'absorber des millions de tonnes de CO2 tous les ans. Et lorsque le bois est récolté de manière durable, le carbone reste stocké dans les produits à base de bois qui sont fabriqués avec celui-ci, et ce, pendant toute la durée du cycle de vie de ce bois. Mais il doit pour cela rester possible de récolter du bois dans les forêts.

En termes d'énergie, les centrales nucléaires, neutres en CO2, sont diabolisées par les verts dogmatiques de notre pays. Mais ces verts ne sont jamais en mesure de justifier leur opposition contre l'énergie nucléaire d'un point de vue écologique, mais ils continuent obstinément de plaider pour une sortie du nucléaire en combinaison avec une hausse de l'utilisation du gaz fossile. C'est incompréhensible.

Mais ce n'est pas tout. À cause de la focalisation aveugle sur le ‘climat’ qui prévaut apparemment sur n'importe quel autre domaine politique, de mauvais choix stratégiques sont effectués.

Le Green Deal de l'UE menace ainsi de mener l'industrie à sa perte à cause de coûts climatiques exagérés qui ne sont pas imposés aux concurrents situés en dehors de l'UE.

Zo dreigt de EU Green Deal de industrie te ruïneren met overdreven klimaatkosten die de concurrenten van buiten de EU niet hebben.

La taxe sur le CO2 dans le cadre du mécanisme ETS augmentera notre facture énergétique industrielle par rapport aux pays qui ne disposent pas de ce système. Le taxe CO2 à l’importation ne résoudra pas ce problème pour nos secteurs. Et dans quelle mesure l'économie circulaire est-elle réalisable et abordable ?

Il semble déjà évident que la Chine se moque de toute cette histoire climatique européenne.

Fa Quix, directeur général