A propos de la solidité de nos institutions démocratiques, de nouvelles élections et... de l’autonomie

Opinion du 06/12/2019 de Fa Quix

Le grand avantage de notre pays est qu’il est une démocratie mature qui a bâti des institutions démocratiques solides pendant des décennies. La justice, la police et l’armée, par exemple, continuent de faire leur travail, les hôpitaux et les soins de santé restent disponibles, les pensions et autres allocations continuent d’être payées... Tandis que, même sans gouvernement fédéral, les entreprises n’échappent pas à leurs versements anticipés d’impôt et au paiement de leurs cotisations sociales. Les citoyens non plus, d’ailleurs. Nos institutions démocratiques sont robustes et continuent de travailler.

Mais aussi les entreprises et les citoyens continuent de travailler, jour après jour. Heureusement, la plupart savent que leur avenir, leur bien-être et leur bonheur dépendent en premier lieu de leur propre engagement quotidien, et non de l’Etat. C’est ce que nous appelons l’autonomie. Des millions de gens et d’entreprises prennent chaque jour ensemble, au mieux de leurs capacités, des millions de décisions : cela maintient notre société debout.

Néanmoins, un nouveau gouvernement fédéral devrait idéalement être formé le plus rapidement possible. Mais ô combien les commentaires sont contradictoires ! D’un côté, beaucoup crient que c’est ‘une honte’ qu’on ne parvient pas à des négociations ni à un accord de gouvernement. Or ce sont souvent ces mêmes personnes qui crient que ‘l’autre pose des exigences inacceptables’, ‘qui vont coûter beaucoup d’argent (des impôts) à notre communauté’, ou encore d’autres crient qu’on ‘va causer une crise sociale’. Eh bien, veut-on vraiment un gouvernement ?

Ou alors de nouvelles élections ? Un sondage d’opinion du journal Het Laatste Nieuws a révélé que presque la moitié des Flamands veulent de nouvelles élections (il devrait s’agir du même ordre de pourcentage en Wallonie). Comme si cela allait résoudre quelque chose. Non, car nous avons tout simplement une opinion publique très partagée, et que ce n’est pas seulement le cas au niveau communautaire, mais aussi au sein de chaque région. Avec de nouvelles élections, cette division ne disparaîtrait pas.

Beaucoup de citoyens estiment que le modèle belge ne fonctionne plus. Mais est-ce ‘le modèle’ le vrai problème ? Ou plutôt la perspective qu’il faudra mener une politique très courageuse ? Une politique qui devra intervenir dans les dépenses et assainir les finances, qui devra poursuivre la réforme des pensions, qui devra effectuer une transition énergétique extrêmement difficile, contribuer à la pérennité des entreprises… En ‘changeant de modèle’, par ex. pour un modèle confédéral, ces défis ne vont en effet pas disparaître. Il y a surtout trop peu de courage politique, trop peu d’art de gouverner.

Fa Quix, directeur général