​Les chefs d'entreprise des secteurs du textile, du bois et de l'ameublement demandent un leadership politique pour éviter l'effondrement de notre économie et de notre prospérité.

Opinion du 24/04/2020 de Fa Quix

Lettre ouverte de Fedustria* aux dirigeants politiques du pays

Nous, les chefs d'entreprise de l'industrie belge du textile, du bois et de l'ameublement qui réalise dans notre pays un chiffre d'affaires d'environ 10 milliards d'euros et emploie 38.000 personnes dans plus de 1.700 entreprises, sommes extrêmement préoccupés. Nous sommes avant tout préoccupés par la santé de nos travailleurs qui – sur le lieu de travail moyennant le respect des mesures de distanciation sociale et de sécurité ou à domicile via le télétravail – donnent encore toujours le meilleur d'eux-mêmes en ces temps difficiles. Nous sommes reconnaissants envers les personnes du secteur des soins de santé qui continuent à lutter quotidiennement contre l'ennemi invisible qu'est le COVID-19.

Mais nous sommes également préoccupés par la santé de nos entreprises, qui subissent depuis un certain temps déjà d'importantes pertes de chiffre d'affaires en raison de la baisse de la demande et de la fermeture, par exemple, des magasins de décoration d'intérieur, des magasins de vêtements, ... A cela s'ajoutent des problèmes d'approvisionnement en matières premières ou de logistique. Il en résulte un taux de chômage temporaire élevé : 72 % dans l'industrie de l'ameublement, 62 % dans l'industrie textile et au moins 48 % dans l'industrie de transformation du bois. Avec en outre des problèmes de liquidité croissants, qui sont de plus en plus difficiles à surmonter. Nous sommes dans les difficultés jusqu'au cou et même au-delà.

Les mesures prises par le gouvernement jusqu'à présent ne sont pas suffisantes. Principalement parce que certaines mesures ne sont pas encore vraiment opérationnelles, comme le deuxième volet du plan bancaire qui prévoit des crédits-pont. Beaucoup de nos entreprises (beaucoup de pme) ont un besoin urgent de crédits-pont, avec des délais de remboursement suffisamment longs. Ils doivent être beaucoup plus longs que les 12 mois prévus actuellement : la France, par exemple, prévoit jusqu'à 5 ans avec une exemption de remboursement la première année, avec il est vrai un meilleur accord avec les banques. Ces dernières doivent prendre pleinement leurs responsabilités. 

Afin de garantir cela, il doit y avoir une transparence sur toutes les demandes de crédit faites par les entreprises auprès des banques. Ces crédits doivent être accordés correctement et équitablement. Il doit y avoir un point de contact indépendant pour les entreprises qui voient leur demande de crédit refusée. Par exemple, des modérateurs indépendants (système en France) pourraient être désignés à cette fin, qui devraient être en mesure d'évaluer objectivement ce processus d'octroi de crédits. Compte tenu de l'immobilisation prolongée des entreprises sans chiffre d'affaires et des coûts fixes continus, et en plus des retards de paiement importants, la rapidité de l'octroi des crédits-pont est extrêmement importante. Les assureurs-crédit doivent également prendre leurs responsabilités et maintenir les lignes de crédit ouvertes, si nécessaire avec le soutien du gouvernement. 

Nous sommes inquiets pour notre économie et notre prospérité. Très inquiets. Toutefois, la réouverture de l'industrie et du commerce peut aller de pair avec des préoccupations de santé publique. Le gouvernement peut faire beaucoup mieux. La communication sur les mesures au monde des affaires est par exemple peu claire et arbitraire. Avec pour résultat une confusion totale. Les magasins de bricolage et les jardineries peuvent rouvrir, mais pas les magasins de décoration intérieure, de meubles et de cuisines. C'est incompréhensible. Il n'y a aucune raison objective à cette inégalité de traitement qui, de plus, conduit à une concurrence déloyale !  

Pas de sécurité sociale forte sans une économie forte

Un tissu économique solide est la base d'un système de sécurité sociale solide. Notre système de sécurité sociale fait aujourd'hui la preuve de son énorme valeur. Mais si l'économie est au point mort pendant longtemps et que les entreprises sont exposées à la faillite, c'est tout le système qui sera mis sous pression. Chaque semaine que dure le confinement coûte à notre économie la somme gigantesque de 2,5 milliards d'euros. Et nous rapproche de la condamnation à mort de nombreuses entreprises. Sans une économie forte, il n'y aura plus de sécurité sociale forte.

C'est pourquoi l'économie doit être relancée le plus rapidement possible, tout en respectant bien sûr les mesures de sécurité nécessaires. Nous, chefs d'entreprise, prenons chaque jour nos responsabilités pour que nos entreprises survivent le mieux possible à cette crise. Nos décideurs politiques sont parvenus à contrôler la crise sanitaire. Nous leur demandons maintenant de faire preuve de courage pour prendre rapidement les mesures appropriées afin de préserver l'avenir du pays, la prospérité des générations futures et la sécurité sociale. Femmes et hommes politiques, prenez vos responsabilités, relancez l'économie ! Maintenant ! Le sort de nos entreprises est entre vos mains !

Signée par :

Groep Masureel Veredeling, Francis Verstraete, président de Fedustria
Decospan, Jan Desmet, vice-président de Fedustria

Altripan, Koen De Witte
Annabel Textiles, Mario Verstichel
Associated Weavers Europe, Erik Deporte
Astenjohnson, Hubert Cremer
Balta Industries, Cyrille Ragoucy
Bauwens, Frederic Merlin
Beaulieu International Group, Ludo Ruysen
BekaertDeslee, Hans Dewaele
Belgotex International, Dirk Dees
Bertpal, Bert De Wael
Concordia Textiles, Manu Tuytens
Cras, Frédéric Cras
De Coene Products, Pascal Vanderhaeghen
De Saedeleir Textiles, Herman Paridaens
Deknudt Frames, Bruno Deknudt
Denderland-Martin, Rudy De Lathauwer
Dux International, Paul De Poot
Engels, Christophe Engels
European Spinning Group, Julie Lietaer
Finaspan, Charles Mariën
Helioscreen, Luc Janvier
Ilwa, Johan Illegems
Iwan Simonis, Curt Bossuyt
Keuleers, Dirk Keuleers
Lano, Joe Lano
Lefevere Group, Luc Billiet
Libeco-Lagae, Raymond Libeert
Maes Mattress Ticking, Jef et Aurélie Maes
Mape, Sandrine Van Buggenhout
Mecam, Luc Meers
Meubar en Evan Furniture, Steven Verraes
Moments Furniture, Benoit Thevelin
Norbord, Guido Kuypers
Omexco, John Dubaere
Osta Carpets, Luc Claeys
Perfecta, Anthony Vanderschelden
Recor, Charles Corthouts
RevorGroup, Tom Verstraeten
Rom, Paul Rom
Seyntex, Arthy Seynaeve
Sioen Industries, Michèle Sioen
Unic Design, Filip Peers
Unilin, Bernard Thiers
Utexbel, Jean-François Gribomont
Varam, Alex Vanraes
Veldeman Bedding, Marc Veldeman
Veranneman Technical Textiles (Sioen), Frank Veranneman
Verstraete & Verbauwede, Stefaan Verstraete
Vetex, Patrick Rigole
Vlerick Group, Philippe Vlerick
Vogel Import & Export, Thomas Brusselle

* Cette Lettre ouverte est le résultat d'une concertation rapide entre la présidence de Fedustria et les membres du Conseil d’administration. Compte tenu des délais très courts pour la livraison du matériel aux différents journaux et de l'espace limité disponible pour le texte y compris les noms des signataires, la demande de cosignature a été soumise uniquement aux membres du Conseil d'administration de la fédération. Comme il s'agit d'une Lettre ouverte de Fedustria (avec le logo de la fédération), toutes les entreprises membres sont en tout cas représentées. Cette Lettre ouverte a également été envoyée par e-mail aux ministres et responsables politiques.