Le maintien de notre compétitivité, la meilleure garantie pour préserver le pouvoir d’achat

Opinion du 22/02/2019 de Fa Quix

Le Rapport technique du Conseil Central de l’Économie sur la compétitivité doit servir de point de départ, comme le prévoit la loi.

Mais pas seulement ‘parce que la loi le dit’, même si cette loi adaptée a été votée dans l’intention d’éviter de mettre en danger la position concurrentielle de nos entreprises. 

Chacun sait que la perte de compétitivité se traduit inévitablement par des pertes d’emplois et donc par une perte du pouvoir d’achat !

Or, pendant la dernière législature, les travailleurs ont pu profiter de la relance économique et d’une hausse du pouvoir d’achat.

Et non, pas seulement au niveau macro-économique. Car l’argument des syndicats est que le pouvoir d’achat total en Belgique progresse simplement parce qu’un plus grand nombre de personnes travaillent – environ 200.000 emplois supplémentaires enregistrés au cours des cinq dernières années. Ils mettent en doute le fait que cette hausse du pouvoir d’achat s’est également traduite au niveau individuel. Cependant, des professeurs d’économie de la KU Leuven ont calculé que le tax shift avait profité à tous les groupes de revenus. En raison de la technique du tax shift, nous estimons que cet avantage a même été un peu plus important pour les groupes aux revenus les plus faibles. Sur toute la période de la législation (entre 2014 et 2019), cela a dû représenter pour eux un petit mois de salaire net supplémentaire, et cela malgré le saut d’index.

Il est curieux que les syndicats tentent de minimiser l’effet du tax shift. Et y voient surtout un cadeau offert aux employeurs. Cependant, un peu plus de la moitié du budget du tax shift est alloué aux travailleurs, sous la forme de hausses des salaires nets, et moins de la moitié du budget aux employeurs, sous forme de réductions de charges. Et il est plus curieux encore que les syndicats, avant le début de ce gouvernement fédéral, aient eux-mêmes plaidé pour une réduction du coin salarial, autrement dit pour une hausse du salaire net pour le même coût brut. Un tax shift en somme.

Mais les bénéficiaires d’allocations ne profitent pas du tax shift, objectent les syndicats. C’est vrai. L’idée était d’aider les actifs qui contribuent déjà tant à la société solidaire. Mais sur la table des négociations repose une enveloppe de près de 700 millions d’euros que les syndicats peuvent consacrer aux personnes les plus vulnérables de notre société.

Et la marge salariale ne serait pas assez grande ? Les syndicats oublient que l’indexation automatique des salaires, qui maintient le pouvoir d’achat, entraîne une hausse de 3,8 à 4 % des salaires et, par conséquent, des coûts salariaux. Dans tous les autres pays, les travailleurs et leurs représentants doivent négocier âprement pour obtenir cela. Pas chez nous. C’est automatiquement ‘acquis’. Il ne s’agit donc pas d’une hausse des salaires et des coûts salariaux de quelques décimales après la virgule, comme ils l’ont affirmé, mais bien de près de 5 % en deux ans (marge salariale et indexations confondues). ‘L’index ne compte pas !’ disent les syndicats. Pensent-ils que nous pouvons dire à nos clients (internationaux) que nos prix augmentent, mais que l’indexation ‘ne compte pas’ ??

Pour préserver le pouvoir d’achat, il n’y a pas de meilleure garantie que des entreprises en bonne santé. La compétitivité des coûts salariaux joue en cela un rôle crucial. Une petite économie ouverte comme la nôtre se doit d’en tenir dûment compte.

Fa Quix, directeur général