De nouveaux accords commerciaux et l’achèvement du marché unique européen pour contrebalancer les turbulences des guerres commerciales

Opinion du 13/09/2019 de Fa Quix

Mais c’est une stratégie téméraire. Les nouveaux tarifs commerciaux provoquent des contre-mesures. Une escalade bat son plein. Le risque d’une diminution du commerce international augmente. De plus, le président menace son propre pays : les importations deviennent plus chères, ce qui fait que le consommateur américain paie une partie de la facture. Et l’espoir que les activités industrielles délocalisées d’Extrême-Orient reviendront en masse en Amérique est souvent vain. L’industrie américaine risque également d’être confrontée à des pièces (beaucoup) plus chères dans sa ‘chaîne logistique mondiale’ dont la Chine est un élément important.

Et puis il y a les ‘dommages collatéraux’ en Europe et ailleurs. L’industrie et l’économie chinoises, de plus en plus touchées, achètent immédiatement moins de produits en provenance d’Europe, en particulier moins de voitures (allemandes). Et ce que les Chinois ne peuvent plus vendre aux Etats-Unis, ils vont essayer de le faire en Europe, à des prix de dumping ou non. En plus, les Chinois ont récemment déployé une nouvelle arme : leur monnaie. Le renminbi chinois perd beaucoup de sa valeur par rapport au dollar. Ce qui intensifie la concurrence de la Chine. Cette dévaluation compense (en partie) les droits d’importation plus élevés que les États-Unis leur imposent.

Il est clair que la politique commerciale peu orthodoxe et pas nécessairement rationnelle du président américain provoque de grandes turbulences dans les flux commerciaux internationaux et sur les marchés financiers. Et pour les Etats membres de l’UE s’ajoute à cela l’imminence du Brexit. Dès lors, quelle stratégie adopter ? Celle d’une Union européenne très unie qui conclut, ou tente de conclure, des accords de libre-échange avec d’autres pays ou blocs commerciaux importants dans le monde. Au cours des dernières années, nous y sommes parvenus, avec le Canada (CETA) et le Japon, entre autres. D’autres accords sont attendus : Vietnam (bien que cela ne nous apporte pas grand-chose), Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), Australie, etc.

Cette stratégie de nouveaux accords de libre-échange devrait contribuer à diversifier géographiquement le potentiel d’exportation de nos entreprises. Cela ne signifie pas que les marchés existants peuvent être oubliés. Au contraire, les Etats-Unis et le Royaume-Uni restent des débouchés importants, mais il vaut mieux ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. 

L’Union européenne envoie également le signal que les guerres commerciales ne sont qu’une facette de l’histoire : les nouveaux accords de libre-échange sont une autre facette ; une facette de l’espoir et de la conviction que le libre-échange est bénéfique pour tous les partenaires participants

(même si ce n’est pas le cas pour chaque participant ou secteur pris de manière individuelle). Enfin, il existe un autre moyen pour l’UE de promouvoir le commerce : l’achèvement du marché unique. Aujourd’hui, il y a encore trop d’obstacles entre les Etats membres, souvent non tarifaires. La nouvelle Commission européenne doit faire de cet achèvement du marché unique une priorité.

Fa Quix, directeur général