Demain la fin de l’économie… (si nous fermons la société à chaque flambée de l’épidémie)

Opinion du 26/03/2021 de Fa Quix

Les magasins ont été fermés tout le mois de novembre 2020, l’horeca et le secteur des événements culturels sont déjà fermés depuis des mois, les coiffeurs et les métiers de contact n’ont pu rouvrir qu’après plusieurs mois de fermeture (et doivent maintenant refermer durant un mois), une interdiction de voyages,…

Les fermetures continues ou les ouvertures limitées des magasins chez nous et chez nos voisins et principaux partenaires commerciaux comme les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ne font qu’empirer cette situation. Les dommages économiques et sociaux sont énormes. Les préjudices engendrés par ce choc sont encore temporairement compensés par les mesures de soutien. Mais le réveil sera douloureux, avec de nombreuses pertes d’emploi.

Après le premier confinement au printemps 2020, le consensus général était toutefois le suivant : “Plus jamais cela !”. Même le Premier ministre actuel était un partisan de ce principe début octobre. Et malgré tout, nous avons trébuché une deuxième fois sur la même pierre (et même une troisième fois !). Il était pourtant possible cet été de mettre en œuvre une politique corona permettant d’éviter un confinement, avec une société qui pourrait continuer à fonctionner, moyennant un certain nombre de conditions-cadres. Sans devoir tout fermer à nouveau. Des interventions microchirurgicales devraient être mises en place là où les foyers de contamination sont les plus importants…

Eviter le confinement permet en premier lieu à l’économie de tourner pratiquement comme d’habitude, aux entreprises et commerces de rester ouverts, sans interruption. En effet, des protocoles de sécurité sont convenus par secteur et doivent garantir le fonctionnement en toute sécurité sur le lieu de travail et dans les magasins, moyennant le respect des règles de base comme l’hygiène des mains, le maintien des distances le port du masque lorsque la distance n’est pas respectée, … Aucune preuve démontrant que les entreprises et les magasins font augmenter les contaminations n’a été apportée. Les supermarchés, qui voient défiler le plus grand nombre de personnes, sont en grande partie restés ouverts sans aucun problème.

Heureusement que les magasins sont seulement restés fermés un mois dans notre pays lors de la deuxième vague. Cette leçon a été mieux apprise chez nous que chez nos voisins, qui ont laissé les magasins fermés pendant une période plus longue, avec les énormes pertes de chiffre d’affaires et les désillusions budgétaires qui y sont liées, mais aussi avec les répercussions sur nos exportations. Mais aujourd’hui, les magasins doivent à nouveau faire face à des restrictions.

De trop nombreuses mesures n’ont (presque) aucun sens, et enferment inutilement le citoyen et les entreprises dans un carcan trop serré : couvre-feu (une interdiction de rassemblement locale doit suffire), interdiction de voyages (disproportionnelle et anti-européenne), obligation du télétravail à temps plein (excessif), fermeture de l’horeca et du secteur culturel (ils peuvent parfaitement ouvrir coronaproof), enseignement à distance intégral dans l’enseignement supérieur (un enseignement avec des contacts limités peut parfaitement être mis en place), etc.

Allons-nous à l’avenir fermer quasi toute la société et mettre l’économie à genoux à chaque flambée de virus ou nouveau virus ? Ce faisant, nous assisterions demain à la fin de l’économie. Les autorités doivent protéger leurs citoyens, d’accord. Mais le risque zéro n’existe pas. Toutes les mesures radicales et de limitation des libertés pour lutter contre une pandémie doivent être proportionnelles, réellement nécessaires, efficaces et… temporaires. Ce dernier point doit être souligné, car ce n’est pas la première fois dans notre pays qu’une mesure ‘temporaire’ devient définitive. 

Fa Quix, directeur général