'Apprendre à vivre avec le virus', la seule option valable

Opinion du 23/09/2020 de Fa Quix

Depuis que le nombre de cas est reparti à la hausse début septembre – hausse qui s'explique en partie par une augmentation du nombre de tests –, les débats sur la gestion de l'épidémie de Covid-19 vont également bon train. Il suffit de se tourner vers les médias pour s'en rendre compte. Que les choses soient toutefois claires : une politique doit bien être menée. Mais laquelle ? Le choix des mesures à appliquer fait une différence considérable.

Nous constatons à regret une polarisation croissante entre les partisans d'une politique extrêmement stricte et les défenseurs d'une approche plus proportionnelle. Le résultat ? 

Une véritable cacophonie d'opinions d'experts et de mesures destinées à lutter contre le virus qui s'avèrent non seulement inapplicables, mais qui malheureusement ébranlent aussi le soutien du public envers ces mesures.

Nous répétons l'exemple, le couvre-feu et l'obligation générale de porter le masque imposés par le gouverneur dans la province d'Anvers en pleine canicule étaient des mesures disproportionnées et impossibles à maintenir. En outre, elles ont été introduites à une période au cours de laquelle il n'y avait pas lieu de céder à la panique mais bien de rester vigilant.

Qu'aurait-il fallu faire à Anvers (et partout ailleurs) ? Continuer à inviter la population à appliquer les règles essentielles à l'efficacité avérée : respecter la distanciation sociale, se laver correctement et régulièrement les mains, restreindre temporairement les contacts sociaux (surtout le contact physique entre les jeunes et les personnes âgées, par ex. avec les grands-parents) et porter un masque à l'intérieur lorsque la distanciation physique ne peut être garantie. Rien de plus. Mais lorsque le soutien est érodé par des mesures disproportionnées et inefficaces, nombreux sont alors celles et ceux à ne même plus respecter ces règles essentielles. Hélas. 

En Suède, pays critiqué pour sa gestion de l'épidémie, le nombre de contaminations et d'admissions à l’hôpital est très faible depuis plus de trois mois. Ce n'est pas que les Suédois n'appliquent pas de règles, mais le pays scandinave n'a jamais imposé de confinement et les autorités ont toujours répété à la population les mêmes règles essentielles simples et claires. Les écoles et les commerces (par ex. l'horeca) n'ont jamais fermé leurs portes. Mais attention car dans certains domaines, la Suède applique des mesures plus strictes que les nôtres, les parcs d'attractions et les maisons culturelles y restent par exemple fermés.  Cependant, grâce à des règles simples et proportionnées, environ 90 % de la population suédoise continuent de soutenir la politique de gestion de l'épidémie. 

Et non, le virus ne va pas disparaître, ni chez nous ni en Suède d'ailleurs. 'Apprendre à vivre avec le virus' est donc la seule option valable. Les spécialistes de la peur qui prônent 'l'écrasement de la courbe' comme stratégie politique divaguent. Une telle solution est impossible, surtout tant qu'un vaccin efficace et administré globalement ne sera pas disponible. Nous devons donc maintenir la vie économique et sociale autant que possible, sans donner libre cours au virus. Les entreprises de production, les commerces et l'enseignement ont déjà prouvé durant la première vague au mois de mars/avril qu'ils étaient capables de continuer à fonctionner à l'abri du virus. Aucun de ces secteurs n'a été, et n'est, une source majeure de contamination. Une nouvelle paralysie de l'économie ou fermeture des écoles est donc complètement exclue. 

Nous devons être conscients que la stratégie draconienne consistant à 'écraser la courbe' n'a aucune légitimité. A-t-elle été approuvée par le Parlement ? Et ensuite ? Lorsque l'épidémie sera sous contrôle, allons-nous continuer à appliquer les mesures strictes sous le prétexte que 'le virus peut toujours s'aggraver à nouveau' ? On continuera de cette manière à cultiver la peur de façon irresponsable. Et rien ne sera plus jamais 'comme avant'. Apprenons donc à vivre avec ce virus, c'est la seule véritable option. 

Fa Quix, directeur général