Le ‘jaune’ dans l’air du temps, et le lien entre les gilets jaunes et le ‘Péril Jaune’

Opinion du 07/12/2018 de Fa Quix

Pratiquement surgi de nulle part, le mouvement de masse de ceux qu’on a nommés les ‘gilets jaunes’ a commencé à agiter la France début novembre 2018. Il est étonnant de constater que tout a commencé par quelques messages postés par des citoyens sur les réseaux sociaux. À peine une semaine plus tard, le 17 novembre, et à la stupéfaction du plus grand nombre, la France était mise sens dessus dessous par quelque 300.000 gilets jaunes.

Aucune structure, ni syndicats ou entités organisatrices, non, simplement des citoyens exprimant leur ras-le-bol de payer toujours plus de taxes sur le diesel, toujours plus d’impôts, et en ayant marre tout court de l’augmentation du coût de la vie.

Nous avons vu des citoyens mécontents, en colère même, et soudain tout a explosé. Et le monde politique n’a pas eu et n’a toujours pas à ce jour de réponse à leur proposer. Même si le Président français a mis en place quelques mesures plutôt cosmétiques. Un ministre flamand a même jeté de l’huile sur le feu en déclarant que ‘les voyages en avion sont bien trop bon marché’. Passant outre le fait que c’est précisément ce même groupe de gilets jaunes qui se sentait concerné par cette affirmation.

Le problème majeur réside dans la mentalité taxatoire du gouvernement – quoi qu’en dise celui-ci. 

Les accises sur le diesel ne constituent qu’un symbole, cachant le vrai problème d’une pression fiscale trop importante qui donne aux citoyens le sentiment qu’ils ne peuvent plus espérer progresser, mais seulement régresser.

Ce qui alimente leur frustration.

Pourtant, avec le tax shift, ce gouvernement a fait des efforts pour améliorer le pouvoir d’achat. Plus de la moitié du tax shift est consacré aux baisses d’impôts des citoyens, et une plus petite moitié aux baisses des coûts des entreprises. Ce qui a permis d’augmenter le revenu net de ceux qui travaillent. Une étude indépendante des économistes de la KU Leuven fait état d’une augmentation moyenne du pouvoir d’achat de 5,2 % entre 2014 et 2020, les hauts revenus en profitant légèrement plus que les revenus moins élevés. Mais dans l’ensemble, tout le monde y gagne. Et cela malgré l’augmentation des accises et de la tva. 

Une augmentation des salaires bruts comme solution ? Cela revient à une augmentation fiscale déguisée puisque l’Etat va ponctionner près de deux tiers de l’augmentation des frais d’imposition. Ce qui mettrait en danger notre compétitivité. Pas une bonne idée, donc. Et pourquoi ne pas faire baisser la pression fiscale ? Le coin socialo-fiscal, c’est-à-dire la différence entre le coût salarial brut et le salaire net, doit diminuer. Et pour cela, le budget de l’Etat doit baisser, de manière à ce qu’il reste plus en net pour les personnes. L’Etat fait beaucoup trop de choses, et c’est là que réside le problème.

Les gilets jaunes se sentent abandonnés et incompris. Ils constituent aussi la frange de la population la plus impactée par la numérisation et la globalisation. Cette globalisation a certes mené à une création de richesse sur le plan macro-économique, mais elle a aussi engendré des perdants. Certains groupes de population sont loin de s’en être mieux sortis, avec à la clé, entre autres, des pertes d’emploi et de revenus. Les gagnants, eux, se trouvent surtout en Extrême-Orient, en particulier dans ‘l’Empire du Milieu’. Le Péril Jaune est toujours bien d’actualité. Nous ne pouvons pas être naïfs à propos de la Chine.

En occident, les gouvernements ont trop longtemps négligé les perdants, bien souvent les moins éduqués. Même avec des chiffres qui démontrent le contraire, ils ne peuvent pas (plus) être convaincus. Le Péril Jaune a contribué à créer les gilets jaunes. Les défendre signifie aussi cesser de dérouler le tapis rouge pour les Chinois.

Fa Quix, directeur général