N’est-il vraiment pas possible de définir un programme de gouvernement bien réfléchi ?

Opinion du 13/09/2019 de Fa Quix

C’est laborieux. C’est le moins que l’on puisse dire de la formation du nouveau gouvernement fédéral. ‘Atermoiement irresponsable’ disent les uns, ‘compréhensible après de tels résultats électoraux’ selon d’autres.

Mais est-ce vraiment impossible ? Les divergences sont-elles si importantes entre le nord et le sud du pays ? Il faut bien entendu aller au-delà de l’analyse superficielle. Cette analyse superficielle affirme que le fossé est énorme entre les deux grandes régions du pays : centre droit à extrême droite pour le nord et gauche à extrême gauche dans le sud. Certains usent et abusent de cette analyse superficielle pour plaider en faveur du ‘confédéralisme’. Réclamer cela après les élections, sans l’avoir soumis à l’électeur, ce n’est pas sérieux, et pas non plus correct. Aucun mandat n’a été donné par l’électeur à ce sujet.

L’électeur n’a pas non plus donné un mandat pour un ‘gouvernement climatique’. Ce n’est pas que le climat n’est pas un thème pour le prochain gouvernement : en effet, des engagements ont été pris dans le passé dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat. Et l’Europe a défini des objectifs climatiques ambitieux qui nécessitent de nombreux efforts, également dans le chef des entreprises. N’est-ce pas suffisant ? La progression des partis verts nettement inférieure à ce qui était attendu a clairement montré que la priorité de l’électeur se se situe ailleurs.

Quelle est alors la principale préoccupation ? L’incertitude. Il règne chez de nombreuses personnes une grande incertitude quant à leur avenir et à celui de leurs (petits-)enfants. 

La préoccupation de la ‘fin du mois’ est bien plus importante que celle de la ‘fin de la planète’ des climato-alarmistes

(dont beaucoup ne doivent se faire aucun souci pour la ‘fin du mois’).

De nombreux citoyens lambda craignent que les choses empirent à l’avenir et encore plus pour leurs enfants, que leur pension ne soit plus payable, que la transition énergétique et les mesures climatiques continuent à miner leur pouvoir d’achat. Et ils craignent également que leurs enfants n’aient plus les moyens de se loger convenablement. Telles sont les conclusions limpides d’une étude approfondie de la KU Leuven et de l’ULB qui a analysé les résultats des élections 

N’est-il vraiment pas possible d’en faire un programme gouvernemental (minimal), incluant d’autres points, qui est soutenu par une majorité ? Et que cette majorité exécute loyalement ce programme ? Permettant à chaque parti de réaliser quelques-unes de ses priorités. N’oublions pas que sous l’ancienne législature, nous avons eu affaire à un ‘gouvernement chamailleur’. Cela a assurément alimenté le vote antipolitique lors des élections du 26 mai.

En résumé : l’idée de base doit être qu’après cette période de désunion de plus en plus marquée, nous devons à nouveau miser sur ce qui nous unit, sur ce qui améliore et renforce notre avenir commun. Cela ne sera pas simple. Il faudra du courage pour nier la voix de la discorde et la couvrir par celle de l’union. L’amélioration de la prospérité et du bien-être doit rester l’objectif du monde politique. Ou pas ?

Le Premier ministre Charles Michel rejoint l’Europe le 1er décembre. Ne serait-ce pas une belle date butoir pour un nouveau gouvernement fédéral ?

Fa Quix, directeur général