Le coronavirus va-t-il changer la donne dans la globalisation ?

Opinion du 06/03/2020 de Fa Quix

Personne ne s’étonnera plus de savoir que l’économie de la zone euro est entrée en récession (modérée) durant le premier semestre de cette année à cause du coronavirus. Et certainement en Italie.

Au-delà de la propagation du virus, nous assistons à une réaction en chaîne rapide dans l’économie due aux mesures drastiques prises par les différents gouvernements. Sans dire pour autant que ces mesures sont injustifiées.

Mais mettre des personnes en quarantaine pendant 14 jours, parfois même des hôtels entiers, n’a pas que des conséquences directes, mais surtout des conséquences indirectes, à savoir la peur de voyager. Ou l’interdiction par l’employeur de se rendre dans certains pays tels que la Chine, la Corée du Sud, l’Italie et autre. Cette peur fait déjà apparaître ci et là une véritable psychose. Cela a un effet paralysant. En ce moment, les principales victimes sont le secteur aérien et le tourisme.

La production en Chine est par conséquent perturbée. Mais en Europe également : des pièces ne sont plus livrées. Parce que le transport et la logistique balbutient. Les marchandises arrivent difficilement dans les ports chinois. Ou le chargement n’est plus possible suite à l’absence de main-d’œuvre. D’un autre côté, les mesures draconiennes imposées en Chine illustrent une fois de plus à quel point le régime de ce pays est brutal et dictatorial. Ou comment un virus fait soudainement l’objet de toutes les attentions ?

Les premiers effets commencent à se faire sentir dans nos secteurs industriels. On n’assiste pas encore à des perturbations de la production, mais les salons internationaux sont annulés ou reportés. C’est notamment le cas pour Domotex Shanghai déplacé de mars à la fin du mois d’août (31/8-2/9/2020). Ou le célèbre salon du meuble Salone del Mobile à Milan reporté d’avril à juin (16/6-21/6/2020) dans le calendrier.

Cela met directement le secteur des salons sous une autre perspective. Il ne disparaîtra pas, certainement pas pour nos groupes de produits. Mais les grands salons professionnels internationaux pourront-ils encore attirer des visiteurs du monde entier ? Et l’intérêt pour les salons plus régionaux ne va-t-il dès lors pas augmenter ? Et le sourcing va-t-il éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier (chinois) ? Si ce n’est pas le cas, cela va-t-il perdurer à long terme ? Cela va-t-il changer la donne, comme l’a récemment déclaré Jan Van Hove, professeur et économiste en chef à la KBC ?

Il est évident que le coronavirus a soudainement mis à nu de manière douloureuse la gigantesque vulnérabilité de la globalisation.

Les importations depuis la Chine vont diminuer (du moins provisoirement). De cette manière, un petit virus aura plus d’effet que les guerres commerciales du Président : un recul des importations chinoises. Chez nous également et ailleurs. En outre, les émissions de CO2 en Chine enregistreront une baisse, ce qui ravira les activistes climatiques.

Le coronavirus a remis les choses en perspective : on examine partout comment organiser les processus opérationnels immunisés contre les effets du virus. Les fournisseurs sont analysés par rapport à leur sensibilité à la disruption, sachant qu’un virus peut saper toute la chaîne d’approvisionnement. Et dans le même temps, cela offre plus d’opportunités pour la production locale. Nos entreprises textiles, du bois et de l’ameublement pourraient peut-être en tirer parti.

Fa Quix, directeur général