Le bois est parfait en tant que matière première renouvelable et respectueuse du climat. Soyons cohérents dans ce cas !

Opinion du 10/02/2022 de Fa Quix

Bio-économie, circularité, respect du climat... sont autant de mots-clés de notre époque. Et le bois, la matière première naturellement renouvelable qui fixe le carbone et libère de l’oxygène, s’inscrit parfaitement dans cette lignée. Le bois issu de forêts gérées durablement contribue également à assurer l’avenir de ces écosystèmes, qui sont et seront si cruciaux dans notre transition vers une société plus écologique et durable.

Il faudrait veiller à ce que les exportations de bois ne soient plus possibles sans, par exemple, une première transformation dans notre pays, ou au moins dans l’UE.

Cependant, le beau rôle du bois contraste fortement avec la réalité du terrain, notamment celle à laquelle se trouve confrontée l’industrie transformatrice du bois. Plus le temps passe et moins les entreprises ont accès à leur matière première, à savoir les grumes de bois. Il y a deux raisons à cela. La première est due à un changement de vision sur le rôle de la production de bois dans les forêts, ce qui pourra entraîner une diminution du bois disponible à la transformation dans les forêts (publiques) wallonnes et flamandes. Et deuxièmement, il y a une énorme demande de grumes de la part de l’Asie (exportation directe de feuillus, principalement). Cela provoque une pénurie, qui fait monter les prix à tel point que l’industrie locale de transformation du bois ne peut plus s’en procurer. Les conséquences sont préjudiciables, car cela se traduit par une nouvelle diminution du nombre d’entreprises et des volumes traités dans notre pays. Il faudrait veiller à ce que les exportations de bois ne soient plus possibles sans, par exemple, une première transformation dans notre pays, ou au moins dans l’UE.

Un autre défi est l’opposition du public à la récolte des arbres, même dans le cadre d’une gestion durable des forêts. Cela est principalement dû à un manque d’information et de sensibilisation. Cette situation met régulièrement les gestionnaires forestiers et les entreprises du bois dans l’embarras.

Ces évolutions ne sont effectivement pas une bonne nouvelle pour nos forêts et notre industrie de transformation du bois. Espérons que nous pourrons inverser la tendance en continuant à mettre l’accent sur l’importance de la gestion durable des forêts et de l’utilisation de bois provenant de forêts gérées durablement. De cette façon, nous pourrons contribuer davantage à rendre notre société neutre en carbone.

Une vision d’avenir est en cours d’élaboration pour la gestion forestière tant en Wallonie (Plan forestier régional) qu’en Flandre (via le Bosforum). Fedustria y participe de près. Nous ne cessons de rappeler que dans la gestion durable des forêts, la fonction économique ne doit absolument pas être négligée. Au contraire, cela permettra d’assurer une transition saine vers une bio-économie robuste.

Ingrid Hontis, coordinatrice Environnement, Energie et Technique,
Guy De Muelenaere, conseiller Environnement, Energie et Technique,
et Filip De Jaeger, directeur général adjoint