Comment la géopolitique déterminera si ça passe ou si ça casse pour l’économie en 2019

Opinion du 24/05/2019 de Fa Quix

Le sérieux avertissement sur résultats délivré en mai par la nouvelle femme forte de Solvay, Ilham Kadri, a suscité quelques inquiétudes. Celle-ci a déclaré au quotidien De Tijd (8 mai 2019) que le contexte économique s’était dégradé. Et que ses clients avaient averti que leurs ventes étaient en recul. Et ils n’attendent d’ores et déjà pas d’amélioration pour le deuxième trimestre de 2019.

Les guerres commerciales comme celle entre les USA et la Chine ne facilitent pas les choses. Elles augmentent l’incertitude et perturbent le cycle normal des affaires. Et il est évident que l’Europe, et particulièrement son industrie automobile, est toujours dans le viseur du président américain.

En plus des conséquences directes pour le secteur concerné, il y a aussi les conséquences indirectes pour les sous-traitants, dans notre pays et dans nos secteurs aussi, ainsi que l’incertitude déjà évoquée, entraînant un report des décisions d’achat de biens d’équipements comme les voitures (chez les consommateurs) et un report des investissements (chez les fabricants). 

Les grands enjeux politiques comme le Brexit ont également un impact important, directement et indirectement, surtout lorsqu’ils traînent en longueur, report après report. 

Ce qui est préoccupant ici, c’est que les arguments économiques rationnels paraissent être subordonnés à de petits jeux politiques ou à l’égocentrisme des politiciens.

Et pourtant, concernant les deux cas précités – le Brexit et les guerres commerciales –, d’éminents économistes ont abondamment démontré que les conséquences économiques étaient résolument négatives.

Tout aussi préoccupant est le fait que les instances spécialement créées pour traiter ces matières, comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Union européenne, sont mises de côté tant par les USA que par le Royaume-Uni. Les conflits commerciaux doivent se résoudre au sein de l’OMC, et pour changer l’UE, mieux vaut en faire partie qu’en sortir. Car en Grande-Bretagne, le ‘take back control’ semble surtout s’être mué en ‘fake news in control’. Le citoyen britannique ne s’en trouve pas mieux.

Et les entreprises alors ? Les entreprises ne peuvent rien faire d’autre que subir ce contexte géopolitique. Et constamment s’adapter. Et se dire – à raison – que ce contexte finira bien par s’éclaircir. C’est pourquoi Madame Kadri, de Solvay, envisage 2019 comme une année de transition. Elle ne laisse pas sa stratégie se détourner de son objectif fondamental : l’innovation. Elle souhaite par exemple plus de collaboration entre les différentes divisions de l’entreprise pour développer davantage de synergies en matière d’innovation. Pour pouvoir ainsi prospecter plus rapidement les marchés avec de nouveaux produits. Et partir à la recherche de nouveaux débouchés.

Même si certains politiciens placent leur intérêt personnel et celui de leur parti au-dessus de l’intérêt général, avec toutes les conséquences que cela implique pour leur économie et la nôtre, les entreprises ont appris que cela aussi ça passe. Et qu’en attendant elles doivent faire du mieux qu’elles peuvent. Car ce n’est pas pour rien que les entrepreneurs sont des battants. 

Fa Quix, directeur général