Au sortir de la crise sanitaire, le Royaume-Uni restera confronté à un autre fléau : le Brexit

Opinion du 27/04/2021 de Fa Quix

Le Premier ministre Boris Johnson reçoit de nombreux éloges pour sa gestion de la campagne de vaccination contre le coronavirus. A juste titre. Lui et son équipe ont su mettre en place une stratégie bien ficelée, contrairement aux dirigeants européens. “La vitesse l’emporte sur le prix”, avait-il déclaré, et il se trouve qu’il avait cette fois raison.

Aussi, nombreux sont ceux qui scandent “vous voyez que le Brexit est un succès !” lorsqu’ils comparent la réussite du programme de vaccination du Royaume-Uni aux stratégies bancales de la plupart des États membres de l’Union européenne. Fort bien. Mais la success-story s’arrête là. N’oublions pas en effet que Boris Johnson, toujours lui, a trop tardé à réagir face à la menace de la pandémie, attendant que la situation s’embrase complètement pour déclarer soudainement un confinement total. A considérer le tableau sur une année, la gestion de la crise par le Royaume-Uni laisse plutôt à désirer. Beaucoup de morts. Et des magasins fermés plus longtemps encore qu’en Belgique. Bref, la réussite du programme de vaccination dissimule en réalité une politique sanitaire pour le moins chancelante.

En outre, ce succès isolé sera éclipsé par les nombreux problèmes actuels et futurs engendrés par le Brexit. Les relations commerciales vont devenir sans cesse plus difficiles. Sur ce point, nous nous en tirons beaucoup mieux que nos voisins d’outre-Manche. Nos entreprises étaient et restent en effet beaucoup mieux préparées aux défis administratifs et autres posés par le Brexit. Un atout que nous devons continuer à jouer.

Le plus gros problème est que l’économie britannique post-corona affichera une croissance structurelle plus lente après un éventuel mouvement de rattrapage au deuxième et au troisième trimestres. Le commerce avec le Vieux Continent, qui représentait une petite moitié des exportations britanniques avant la crise, pourrait ne jamais rattraper son retard. En d’autres termes, nous devrons travailler au sein d’une économie à la croissance lente, alors qu’elle comptait auparavant (lisez : avant le référendum sur le Brexit) parmi les plus dynamiques d’Europe.

Si nos exportations vers le Royaume-Uni progressent lentement en 2022 et au cours des années suivantes, ce ne sera donc pas à cause de nos produits ou de nos services, mais bien en raison d’une décision politique, le Brexit, qui est venue essouffler le moteur de la croissance britannique et appauvrir le consommateur.

Fa Quix, directeur général