Il manque aux leaders mondiaux actuels une stature d’homme d’Etat

Opinion du 18/01/2019 de Fa Quix

Le protectionnisme de Trump, le Brexit du Royaume-Uni, la rhétorique populiste de pays européens comme l’Italie, la Hongrie et la Pologne, les (cyber)activités déstabilisatrices du régime de Poutine, et bien d’autres facteurs encore illustrent la dégradation du climat politique international.

Que les dirigeants de régimes autoritaires ou dictatoriaux fassent prévaloir des intérêts particuliers ou leurs intérêts propres n’est pas surprenant, car il n’existe pas de contrôle démocratique. Mais que nous constations de plus en plus souvent ce scénario au sein de nos démocraties parlementaires est alarmant. Ne devrait-on pas pouvoir partir du principe que les élus du peuple veulent le bien des citoyens et des chefs d’entreprise de leur pays ? Que leur objectif est de faciliter et d’améliorer l’existence de leurs concitoyens ? 

Hélas, les démocraties ne sont pas parfaites et leur fonctionnement non plus. L’exemple le plus frappant en est le ‘Brexit’. Qu’un pays prenne une décision qui dans tous les scénarios objectifs aura pour résultat une détérioration économique, avec pour victimes principales les groupes les plus vulnérables de la société, est à peine croyable. Cela fait deux ans et demi maintenant que les politiques britanniques s’enfoncent de plus en plus profond dans un tel marasme. Pourquoi n’y a-t-il aucun leader de gouvernement pour se dresser et dire : “Cela suffit comme ça, le Brexit était hélas une terrible erreur. Je ne permettrai pas que mon pays plonge plus profond. J’annule tout ça.” 

C’est cela avoir le sens de l’Etat : posséder suffisamment de vision, de compétences et de caractère pour oser prendre les bonnes décisions dans l’intérêt public et celui de la nation.

Mais non, cela ne se produit pas. Au contraire, nombreux sont ceux qui contemplent avec consternation depuis les travées le piètre spectacle politique qui se joue, et au terme duquel des millions de personnes vont être impactés. ‘Take back control’ s’apparente toujours davantage à ‘out of control’.

Il appartient aux entreprises de se préparer à tous les scénarios possibles. Quel que soit le scénario qui prévaudra, elles auront de toute manière à affronter des vents contraires. Mais les entrepreneurs ne se laissent pas facilement décourager. Comme le déclarait Michèle Sioen, ancienne manager de l’année et ex-présidente de Fedustria et de la FEB, dans le magazine Trends: “Bien sûr qu’il m’arrive de jurer, mais ça ne dure que 30 secondes, car il faut trouver une solution. Il ne sert à rien de continuer à se lamenter. Je suis heureusement d’un naturel optimiste (…) nous devons nous adapter”.

C’est une bonne chose que le gouvernement Michel mette en place une loi d’urgence pour un Brexit dur. Et le gouvernement wallon participe lui aussi à la recherche de solutions. Mais au final, une chose pareille n’aurait jamais dû se produire. Les leaders mondiaux des grandes puissances et nations auraient dû anticiper les problèmes en affichant à temps la stature d’homme d’Etat qui s’impose. Mais on dirait bien que cela soit trop demander par les temps qui courent.

Fa Quix, directeur général