Le Péril jaune – Pourquoi nous devons surveiller de près la Chine

Opinion du 29/01/2020 de Fa Quix

La progression économique et technologique rapide de la Chine a de quoi nous inquiéter. Le président américain ne le comprend que trop bien. Et agit en conséquence sans tarder. Même s’il doit lui en coûter une guerre commerciale.

La poussée chinoise n’est pas seulement le fruit du dur labeur et des investissements judicieux. Les autorités chinoises, aussi, ont donné un fameux coup de pouce. Et elles continuent d’ailleurs de le faire, et certainement pas de manière conforme au marché. Les exemples dans nos secteurs de pratiques commerciales déloyales par la Chine sont légion, allant de copies éhontées à l’abus de pouvoir sur le marché (par ex. matières premières), en passant par un véritable dumping des prix. L’implacable progression chinoise a déjà coûté des milliers d’emplois à l’industrie textile belge, et aussi de nombreux emplois dans d’autres secteurs industriels.

Jamais l’Europe n’a vraiment fait front contre cette situation. L’avantage pour le consommateur était ‘sacré’, au détriment de centaines de milliers d’emplois dans l’industrie européenne. Le fait que ce consommateur soit en premier lieu aussi un travailleur, n’était manifestement qu’un ‘détail’ aux yeux de ‘l’Europe’.

Avec l’initiative ‘Road & Belt’ (RBI), la nouvelle route de la soie, la Chine veut poursuivre sa stratégie de conquête du monde de manière encore plus explicite. Les trains provenant de Chine roulent d’ores et déjà jusqu’à Anvers et amènent les marchandises chinoises encore plus rapidement sur notre marché. Et les pays qui ont des difficultés financières ? Ils reçoivent des prêts de la Chine. Mais lorsqu’ils ne peuvent plus les rembourser, la Chine entre en possession de propriétés stratégiques, comme le port du Pirée en Grèce. C’est le même sort qui attend nombre de pays asiatiques et africains. Par le biais de sa RBI, la Chine est en train de construire une puissance mondiale.

Depuis son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce OMC en 2001, la Chine a obtenu un grand accès à nos débouchés occidentaux, comme le marché unique de l’UE. On pensait alors que l’Empire du Milieu allait se plier à la manière occidentale de faire des affaires, et qu’il appliquerait les principes du libre marché. Ce qui s’est avéré être un mauvais calcul. La Chine est plus que jamais un exemple type de capitalisme étatique centralisé. Il n’existe aucune entreprise chinoise où le parti (communiste) chinois n’est pas présent d’une manière ou d’une autre.

Dans le monde des affaires, le Chinois moyen donne aussi une autre interprétation du terme ‘win-win’ dans le business. Pour nous, cela signifie que chaque partie impliquée doit pouvoir être gagnante. De nombreux Chinois voient les choses autrement : pour eux, ‘win-win’ s’apparente à ‘we win’. Tout pour eux, rien pour le ou les partenaires (occidentaux). Nombre d’entre nous doivent rester très attentifs pour tirer un bénéfice de leurs affaires avec la Chine. Le président américain essaie à présent de forcer la Chine à appliquer des pratiques plus conformes au marché et à ouvrir davantage le marché chinois à l’importation américaine. Car comme si cela ne suffisait pas : en plus de la stratégie d’exportation agressive, la Chine n’ouvre pas assez son marché et surtout pas de manière proportionnelle et réciproque comme nous l’avons fait.

Le leadership technologique visé par la Chine doit cependant nous inquiéter encore davantage. La Chine veut déployer sa technologie 5G dans le monde entier. La 5G est le moteur de l’Internet des Objets. Tout devient relié numériquement, avec un flux innombrable de données... qui vont s’écouler en direction de Pékin. Ceci entraînera le contrôle total de notre économie, et même de nos vies, par le pouvoir central en Chine. 

Il est grand temps que notre pays, l’Europe et les Etats-Unis y mettent le holà. 

Fa Quix, directeur général