La meilleure politique de relance ? Laisser les entreprises travailler ! En imposant le moins de restrictions sanitaires possible. Seulement le strict nécessaire

Opinion du 30/04/2021 de Fa Quix

Il semblerait parfois que les autorités de notre pays ont mis la main sur des sources d'argent inépuisables : elles continuent à distribuer allègrement de l'argent aux secteurs et aux entreprises qui ont été forcés de fermer leurs portes par le gouvernement suite à la crise sanitaire. Et parfois, ce soutien n'est même pas suffisant. Mais les "sources d'argent inépuisables" n'existent qu'en rêve. Ce sont les futurs impôts que nous devrons tous débourser pour remplir les cratères financiers qui sont en train de se creuser.

Le taux d'intérêt désormais nul, voire légèrement négatif, n'est pas non plus une bonne raison de s'endetter à l'infini. En effet, le capital de ces intérêts doit aussi être remboursé. Par ailleurs, les taux d'intérêt eux-mêmes peuvent augmenter à l'avenir : par exemple, lorsque les prêts doivent être prolongés en période d'inflation avec des taux d'intérêt en (forte) hausse. La flambée des taux d'intérêt tant redoutée repartira alors de plus belle. 

L'excuse selon laquelle ce n'est pas le moment d'épargner parce que l'économie suffoque ne tient que partiellement la route. En effet, la meilleure politique de relance est celle de l'économie ouverte, et non celle où le gouvernement distribue de l'argent. Laissons les entreprises travailler, dans le respect des protocoles convenus, et avec le moins de restrictions possible. Seulement le strict nécessaire. L'économie retrouvera alors le chemin de la reprise d'elle-même, et l'argent public pourra servir à autre chose. Mais non, le Comité de concertation composé de tous les gouvernements préfère apparemment fermer de larges pans de l'économie afin que ces mêmes gouvernements puissent continuer à distribuer de l'argent. 

Les oeillères des virologues aidant, les décisions ont été prises et sont prises sans vision d'ensemble. D'où les réflexes de peur face à l'ouverture de l'horeca, les nouvelles apocalyptiques à propos des écoles, des voyages, du shopping, et l'absence de considération envers le secteur de l'événementiel, culture incluse. 

Et pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas investi davantage dans la capacité des soins intensifs ? Nous faisions face à une situation d'urgence, mais jamais un véritable plan d'urgence n'a été annoncé, avec par exemple des hôpitaux d'urgence (par l'intermédiaire de l'armée ?) ou une extension temporaire de la capacité des hôpitaux ? Le gouvernement aurait déjà pu s'y préparer il y a un an. Gouverner, c’est prévoir. 

Le fait que les magasins classés 'non essentiels', comme les magasins d'ameublement et les boutiques de mode, aient déjà été fermés trois fois depuis le début de la pandémie (ou aient dû organiser des rendez-vous, ce qui revient quasi au même) et ce, pour un total combiné de plus de quatre mois, était et reste totalement excessif, sans bénéfice notable d'un point de vue sanitaire. On le savait très bien, mais "il fallait envoyer un signal fort". Un signal coûteux, car des millions d'euros de bénéfices sont perdus. Pour rien. 

Des accords (protocoles) peuvent être conclus par secteur pour établir un cadre de travail sûr sans que cela ne rende le travail impossible ou non rentable. De cette manière, l'économie tout entière peut continuer à tourner en même temps que le virus peut être combattu. Cela permettra d'éviter que le trou dans le budget de l'État ne se transforme en corde se resserrant autour du cou des entreprises et des travailleurs. 

Fa Quix, directeur général