La réforme fiscale menace d’alourdir encore davantage les charges sur les entreprises. Cela ne peut tout de même pas être l’objectif !

Opinion du 08/11/2022 de Fa Quix

Avant la fin de l’année, le gouvernement fédéral souhaite prendre les premières mesures d’une réforme fiscale plus large, préparée par le ministre des finances Vincent Van Peteghem.

La réforme mentionnée est présentée dans la presse comme une réduction de la charge sur le travail. L’honnêteté nous oblige à vous dire que le gouvernement souhaite principalement augmenter le pouvoir d'achat des familles à ‘faibles’ revenus.

Chaque réforme fiscale majeure doit stimuler notre économie. Et certainement notre industrie qui a été fragilisée par les crises successives.

Il veut augmenter l'abattement fiscal, c'est-à-dire la première partie du revenu sur laquelle aucun impôt ne doit être payé, et veut étendre la prime de travail sociale et fiscale pour les bas salaires. En soi, bien sûr, cela sonne bien... seulement, pour financer cette opération, le ministre lorgne sur les entreprises et la classe moyenne laborieuse.

Il va sans dire que nos entreprises n'ont pas de marge financière supplémentaire à l'heure actuelle. Pour financer une partie de cette opération fiscale, le ministre veut ‘geler’ provisoirement, à savoir pour les 3 prochaines années, les différentes réductions sur le précompte professionnel, notamment pour la recherche et le développement, ainsi que pour le travail en équipe et le travail de nuit auxquels notre secteur a souvent recours. C’est totalement inacceptable. Alors que les coûts salariaux augmenteront de plus de 18 % en deux ans en raison de l’indexation automatique des salaires, ce qui aggrave considérablement notre position concurrentielle, ce ministre des Finances va ajouter des charges supplémentaires aux entreprises, en particulier à celles qui sont les plus exposées à la concurrence depuis l’étranger.

En outre, diverses techniques de rémunération, principalement utilisées pour la classe moyenne, seraient supprimées. Par exemple, l'aménagement de l'imposition forfaitaire des voitures de société, la suppression de l'exonération fiscale des primes à l'innovation, l'aménagement de la réglementation des stock-options, la suppression des fameux warrants, ... Ainsi, un grand nombre de salariés seront fiscalement pénalisés. Alors que c'est précisément ce groupe qui apporte déjà la contribution fiscale la plus élevée.

Qu’un ministre pense à imposer encore plus de charges aux entreprises, en pleine crise de surcroît, est incompréhensible et ne peut vraiment pas être un objectif en soi. Chaque réforme fiscale majeure doit stimuler notre économie. Et certainement notre industrie qui a été fragilisée par les crises successives (coronavirus, énergie, inflation, ...). Cela n’est possible qu’en réduisant les charges pesant sur ces entreprises et certainement pas en les augmentant davantage.

Fa Quix, directeur général