Une sortie complète du nucléaire est une attaque contre notre prospérité future. Un gouvernement fédéral qui prend cette décision en sera tenu responsable pendant de longues années.

Opinion du 07/03/2022 de Fa Quix

Ce n’est qu’après l’éclatement de la guerre en Europe, que la ministre fédérale de l'Énergie, Tinne Van der Straeten, commence à voir, à contrecœur, que la solution évidente est de prolonger les centrales nucléaires au-delà de 2025. Au minimum les 2 centrales les plus récentes (Doel 4 et Tihange 3), pour au moins 10 années supplémentaires. Mais pourquoi ne pas maintenir 5 des 7 centrales nucléaires ouvertes pendant 20 ans de plus ? C'est tout à fait possible sur le plan technique. Et c'est le meilleur moyen de garantir la sécurité de l’approvisionnement électrique à long terme.

L'option la plus efficace, tout en étant fiable et respectueuse du climat, est de combiner l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables.

Compte tenu de l'instabilité géopolitique actuelle, ne serait-il pas opportun de remettre ce point sur la table des discussions ? Bien sûr que si. Mais c'est sans compter sur la vision étroite et dogmatique des Verts, pour lesquels la sortie du nucléaire est devenue une pure obsession. À n'importe quel prix. Et vous pouvez prendre cette dernière affirmation au pied de la lettre. Pour les Verts de ce gouvernement fédéral (Groen et Ecolo), cela peut coûter de l'argent, beaucoup d'argent même. À la Commission européenne, le vice-président Frans Timmermans est du même avis. L'attitude arrogante et élitiste de ces idéologues de la gauche écologiste envers les citoyens et les entreprises se matérialise dans la déclaration suivante : ‘Ils n'ont qu'à utiliser l'énergie de manière plus économe !’ Comme si ce n'était pas déjà le cas. Comme si les gens et les entreprises ne s’efforçaient pas déjà depuis longtemps de faire des économies d'énergie !

Cette sortie du nucléaire aura pour conséquence une insécurité d'approvisionnement en électricité et des prix durablement (plus) élevés. Et ce n'est ni plus ni moins qu'une attaque en règle contre notre prospérité future. Encore plus d'entreprises industrielles seront en difficulté, les nouveaux investissements (nationaux et étrangers) ne cesseront de se réduire dans notre pays, et des centaines de milliers de personnes supplémentaires se retrouveront en situation de précarité énergétique.

Le pire, c'est que les dogmatiques verts ne reculent devant aucun mensonge pour continuer à défendre obstinément la sortie du nucléaire. Ainsi, l'énergie nucléaire serait ‘dangereuse’ (ce n'est pas le cas, c'est même la source d'électricité la plus sûre en raison des nombreuses règles de sécurité), nous dépendrions également de la Russie pour l'uranium (non, il existe de nombreux autres fournisseurs et nous pouvons le stocker pendant plusieurs années), l'énergie pourrait être utilisée pour fabriquer des armes nucléaires (où vont-ils chercher cela ?), il serait ‘trop tard’ pour inverser la sortie du nucléaire (encore un mensonge). Et de soutenir que nous devrions passer à 100 % de renouvelables... alors que toutes les études montrent que le potentiel maximal d'électricité renouvelable dans notre pays est de 27 à 28 %. Du reste, les panneaux solaires, d'où viennent-ils ? Ah oui, de Chine, pour la plupart. Vous avez dit indépendance énergétique ?

L'électricité ‘conventionnelle’ sera donc toujours nécessaire. L'option la plus efficace, tout en étant fiable et respectueuse du climat, est de combiner l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables. Et en effet, même avec l'énergie nucléaire, on aura encore besoin de centrales à gaz dans une phase de transition, mais dans une moindre mesure.

Il est grand temps que le Premier ministre De Croo rappelle résolument à l'ordre les Verts irresponsables de son gouvernement. Ou qu'il les mette dehors. Il en va de notre prospérité future, celle des entreprises et des citoyens. Un gouvernement fédéral qui déciderait malgré tout d'une sortie complète du nucléaire ferait mieux de débrancher lui-même la prise. Car il sera tenu responsable de cette décision irresponsable pendant de nombreuses années. Et tôt ou tard, cela reviendra hanter les partis politiques concernés.

Fa Quix, directeur général