Une politique climatique ambitieuse ? Un peu de réalisme s’il vous plaît !

Opinion du 22/03/2019 de Fa Quix

Les enjeux du climat, dont celui du réchauffement climatique, font presque chaque jour la une de l’actualité. C’est le résultat des actions estudiantines du jeudi lancées en ce début d’année. Cette préoccupation pour le climat est une bonne chose, mais l’alarmisme climatique, lui, ne mène à rien. Notre planète ne va pas ‘périr’ dans les 12 années à venir, comme le prédit l’image apocalyptique que le mouvement des verts extrémistes veut imposer aux jeunes. Suscitant ainsi chez eux sans raison inquiétude et impatience. Et leur faisant revendiquer un ‘plan climat ambitieux’.

Veillons d’abord à bien cerner le contexte. Le défi climatique et les émissions de CO2 qui y sont liées, est un problème mondial. Avec ses moins de 0,3 % des émissions mondiales de CO2, la Belgique ne pourra faire qu’une différence minime, même dans l’hypothèse – irréaliste – d’une réduction de 100 % comme telle semble être l’ambition pour 2050. La même chose vaut pour les Pays-Bas qui ont une part d’émissions de CO2 comparable. Pourquoi cela ne fait-il pratiquement aucune différence ?

Parce qu’en 4,5 jours, la Chine émet autant de CO2 que les Pays-Bas au cours de toute une année. Et l’Empire du Milieu continuera jusqu’en 2030 à émettre davantage de CO2 chaque année, et cela en conformité même avec l’Accord de Paris sur le climat. Aller manifester sur la place Tiananmen à Pékin serait donc beaucoup plus efficace.

Car le CO2 émis par la Chine termine également dans notre atmosphère. Les jeunes engagés dans la défense du climat ont parfois l’impression que l’on peut placer un bocal sur notre pays qui permettrait à nos réductions d’émissions de CO2 d’appauvrir uniquement ‘notre atmosphère’ en carbone. Mais ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. La dure réalité est fonction de la loi du grand nombre : les émissions de 11 millions de Belges sont comme une goutte d’eau dans l’océan au regard d’une population mondiale de plus de 7.600 millions d’individus. 

Sans oublier qu’une société à faibles émissions de carbone n’est pas l’unique défi auquel est confronté notre pays, et par extension le monde entier.

La lutte contre la pauvreté et en faveur d’une éducation décente pour tous, le maintien du financement des soins de santé et de la sécurité sociale (e.a. les pensions), le démêlage du nœud de la mobilité... Voilà autant de défis aussi importants et urgents que ‘le climat’ pour lequel – je le rappelle encore une fois – nous ne pouvons de toute manière rien changer seuls, tandis que pour ces autres sujets oui.

Mais cela ne constitue pas un motif pour ne rien faire. Nous avons pris nos engagements de Paris et les entreprises assument bel et bien leurs responsabilités en termes d’énergie et de CO2.

Abordons donc le défi climatique de manière intelligente et par étapes. Ce qui serait moins intelligent serait par exemple de fermer soudainement en 2025 toutes les centrales nucléaires (aux faibles émissions de CO2) en Belgique. Il serait beaucoup plus avisé d’envisager la sortie du nucléaire de manière beaucoup plus progressive, en conservant un minimum de deux réacteurs encore actifs pendant au moins 10 ans après 2025. La FEB plaide en ce sens avec tous les secteurs. Dans le même temps, nous devons nous concentrer sur la recherche de nouvelles sources d’énergie et de technologies permettant d’économiser l’énergie.

Et aussi stimuler le secteur des matières premières renouvelables, comme le bois issu de forêts gérées durablement. L’utilisation accrue du bois dans la construction contribue à contrer le réchauffement climatique, car le bois absorbe le carbone du CO2 et le retient durant toute la durée de vie des produits à base de bois, par ex. les meubles, les planchers et les portes. Une vérité que nous continuons à promouvoir avec notre campagne ‘Le bois oxygène’.

Nous devons donc être attentifs à ne pas miner de manière simpliste notre prospérité avec une politique climatique trop ambitieuse. Les Pays-Bas, qui dans une réaction de panique vont imposer à leur industrie une taxe CO2, ne constituent certainement pas un exemple à suivre. Tout bien considéré, cela revient à scier la branche sur laquelle on est assis. Car le succès n’est possible qu’en concertation avec l’industrie.

Fa Quix, directeur général