En s’accrochant dogmatiquement à la sortie du nucléaire, la ministre fédérale de l’Energie menace l’avenir de notre industrie

Opinion du 10/09/2021 de Fa Quix

La CEO sortante du fabricant de puces électroniques Melexis, Mme Françoise Chombar, a été très claire : “Si la Belgique ferme ses deux dernières centrales nucléaires, elle n’attirera plus l’industrie, et certainement pas l’industrie de pointe. Il était stupide de ne pas rénover nos centrales nucléaires”, a-t-elle déclaré à Trends (29 juillet 2021). Et elle a ajouté : “J’espère que nous sommes plus intelligents que cela.”

Mais la ministre fédérale de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen), fait la sourde oreille. Pour elle, toutes les centrales nucléaires doivent fermer au plus tard en 2025. Le fait que, aujourd’hui, la moitié de notre électricité environ provient de l’énergie nucléaire, et que cette dernière est donc indispensable, ne semble pas la dissuader de poursuivre cette politique téméraire. Elle ne recule pas devant la désinformation. Inconvenant pour une ministre en fonction.

2021 016 FR 2021 09 10 081724 wgtw CR

Par exemple, elle a affirmé que nos réacteurs nucléaires étaient ‘trop vieux’ et peu sûrs en raison de prétendues ‘fissures’. La vérité est que nos centrales nucléaires sont extrêmement sûres et peuvent encore être exploitées pendant des décennies. D’ailleurs, tous les mécanismes de sécurité les désactivent avant qu’elles ne deviennent ‘dangereuses’. Ou qu’il n’existerait aucune solution au problème des ‘déchets nucléaires’. Le professeur et géologue Manuel Sintubin (KU Leuven) a démontré il y a des années qu’il est tout à fait possible d’organiser un stockage géologique extrêmement sûr. Mais la politique, à savoir la ministre, ne prend pas la responsabilité de décider en la matière.

Ensuite, il convient de parler du climat. Il est clair que le climat passe au second plan pour la ministre, après la condamnation idéologique de l’énergie nucléaire. Pour compenser la suppression des capacités nucléaires, elle se réfugie dans des centrales au gaz subventionnées et émettrices de CO2. En d’autres termes, elle va à elle seule faire reculer de quelques décennies la politique climatique de la Belgique.

L’industrie est confrontée à une menace de surcoût pour l’électricité et une incertitude d’approvisionnement. Et à une plus grande dépendance énergétique à l’égard des pays étrangers. Nous avons toujours soutenu qu’une sortie complète du nucléaire d’ici 2025 est irréalisable. Au moins deux réacteurs nucléaires (Doel 4 et Tihange 3) doivent demeurer opérationnels pendant au moins 10 ans, et de préférence même 20 ans. Cela garantit un approvisionnement de base absolument minimal. Car avec la poursuite de l’électrification de notre société (voitures électriques, etc.), la demande d’électricité va encore augmenter. Les cinq autres partis de la coalition Vivaldi continueront-ils à jouer le jeu de leur ministre écolo de l’Energie ? En novembre, ils devront choisir leur camp. Or, l’enjeu est de taille : l’avenir de notre industrie.

Fa Quix, directeur général