Don’t leave

Opinion du 25/03/2016 de Fa Quix

Encore moins de 3 mois. Et les Britanniques se déclareront alors, au cours d’un référendum, favorables ou opposés à un ‘Brexit’ : la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ou son maintien dans l’Union. Cet évènement ne revêt pas seulement une très grande importance pour le Royaume-Uni, c’est aussi le cas pour nous et pour l’ensemble de l’Union européenne.

Le débat à l’approche de ce référendum n’est, en général, malheureusement pas mené sur la base d’arguments rationnels, mais surtout émotionnels. Et cela en rend l’issue tellement imprévisible. Et pourtant, nous devons continuer de répéter les arguments rationnels. En premier lieu, que la construction européenne a autant ‘bétonné’ la paix dans l’Union qu’elle en a élevé le bien-être jusqu’à des sommets inégalés. Les Britanniques, tout de même de chauds partisans du ‘free trade’, en ont incontestablement tiré profit.
 
Il n’est donc pas surprenant qu’un mouvement inverse, le Brexit, coûtera énormément d’argent au Royaume-Uni, en termes de perte de bien-être et d’emplois. Une étude récente de la Confederation of British Industry (CBI), l’homologue britannique de la FEB, en estime le coût à 100 milliards de livres sterling, soit près de 130 milliards d’euros. À l’horizon 2020, le taux de chômage augmenterait de deux à trois points de pourcentage. Même la Premier League n’est pas favorable à un Brexit : cette prestigieuse compétition de football éprouvera plus de difficultés à attirer les meilleurs talents de l’UE. En effet, la libre circulation des personnes ne sera à ce moment-là plus garantie.
 
Et affirmer qu’en cas de Brexit, les choses ne se passeront pas de cette façon témoigne tout de même d’une légèreté dangereuse. Car l’UE accordera-t-elle le même statut au RU que, par exemple, à la Norvège et aux autres pays de l’Association européenne de libre-échange (AELE ou EFTA), qui ont créé l’Espace économique européen avec l’UE ? Certains pays de l’UE pourraient être tentés de ne pas accorder cette faveur au RU. Un certain ‘revanchisme’ ne peut en effet pas être exclu de la part de l’Union. Ceci peut représenter une entrave au commerce. Et les retombées internes au sein du RU pourraient bien être désastreuses, si l’Écosse (et le Pays de Galles ?) redoublait d’efforts en vue de leur indépendance. Mais pour nos entreprises exportatrices également, le Brexit pourrait avoir de graves conséquences. Pourrons-nous encore y exporter ‘librement’ ? Comment se comportera la livre sterling ? L’industrie locale recevra-t-elle un nouveau ‘coup de fouet’ ? Beaucoup de questions, et donc également beaucoup d'incertitude.
 
Et ensuite, cet argument de ‘plus de souveraineté’ grâce au Brexit. Cela n’a ni queue ni tête, c’est de la démagogie pure. Le RU aura-t-il plus de pouvoir politique dans une sorte de ‘splendid isolation’ ? Il sera tout de même forcé de respecter les normes de l’UE, s’il veut continuer à exporter vers l’Union. Sans qu’il ne puisse participer à l’établissement de ces normes. Et l’époque du British Empire appartient depuis longtemps à l’Histoire. La Grande-Bretagne n’est plus une puissance mondiale depuis belle lurette (et ne le redeviendra jamais).
 
Un Brexit ne connaîtra pas de vainqueur. So British, think it over, and don’t leave.
 
Fa Quix, directeur général