Le cygne noir de 2020 tourne au jaune

Opinion du 13/02/2020 de Fa Quix

Il y a toujours des événements qui surgissent tout à fait à l’improviste et secouent le monde et l’économie mondiale. Ce sont ce que Nassim Nicholas Taleb, investisseur américain, professeur, penseur et écrivain, appelle les ‘cygnes noirs’, qu’il décrit dans son livre ‘The Black Swan’.

Le cygne noir de 2020 tourne au jaune : le coronavirus, originaire de Chine. Il donne une signification supplémentaire au ‘péril jaune’.

Et ce péril menace à présent de se transformer en une pandémie mondiale perturbatrice. Dans plusieurs mégalopoles chinoises, la vie quotidienne s’est littéralement arrêtée.

Et cela en seulement quelques semaines. Souvenez-vous du Nouvel An cette année et des grands salons internationaux qui ont suivi, Heimtextil, Domotex et Möbelmesse en Allemagne. Pas un mot, pas une trace du coronavirus. Et c’était il y a quelques semaines à peine. Entre-temps, par exemple, le salon Domotex Shanghai a été ‘reporté’, ainsi que le salon du meuble chinois CIFF Guangzhou et Interzum China. D’autres suivront, ne serait-ce que parce que les visiteurs (internationaux) s’abstiendront massivement.

Dans le monde globalisé avec ses chaînes d’approvisionnement internationales, le lockdown des villes et des usines chinoises peut avoir un impact perturbateur majeur, certainement à court terme (premier trimestre 2020). Les chaînes d’approvisionnement commenceront à cafouiller. L’approvisionnement du secteur automobile en fait déjà l’expérience.

Tout comme l’économie chinoise elle-même. Cela ressort par exemple de la diminution de la consommation d’énergie quotidienne. La Chine utilise pour l’instant quotidiennement 3 millions de barils de pétrole de moins que d’habitude. C’est autant que la consommation quotidienne totale de la Belgique et de l’Allemagne réunies !

La conséquence peut également être que les chaînes d’approvisionnement deviennent plus locales, par exemple plus intra-européennes au lieu d’être mondialisées. Le Brexit a le même effet : la station intermédiaire ‘Royaume-Uni’ est supprimée dans de nombreuses chaînes d’approvisionnement et relocalisée au sein de l’UE-27 où il n’y a pas de tracas gênants à l’exportation (déclaration en douane, problèmes de tva, éventuellement droits de douane à partir de 2021, …).

Dans quelle mesure le coronavirus sera-t-il déstabilisant ? Et pour combien de temps ? Pour l’économie chinoise, cela pourrait coûter un pour cent de croissance, et dans un scénario pessimiste, cela pourrait même coûter deux points de pourcentage pour cette année. Mais comme pour tout virus – il suffit de regarder le virus de la grippe dans notre pays – il y a un pic après lequel l’infection se réduit considérablement et l’épidémie s’estompe. D’ici là, cela pourrait déjà être l’été 2020. Le coronavirus aura-t-il entièrement disparu à ce moment-là? En 2021, il y aura un autre hiver…

Pour nos entreprises, il est important d’identifier correctement la ‘contamination’ possible de leur entreprise par les conséquences du coronavirus, et d’étudier les menaces, mais aussi les opportunités. Et d’agir la rapidité requise. 

Fa Quix, directeur général