L’économie mondiale refroidit à grande vitesse. La politique doit miser sur la création de bien-être

Opinion du 14/06/2019 de Fa Quix

Le 26 mai, l’électeur a sensiblement rebattu les cartes du vote. Le jeu politique s’en trouve compliqué. Mais dans une démocratie, l’électeur a toujours le dernier mot. Il revient aujourd’hui aux partis politiques de s’atteler à la tâche avec ce résultat. Et ce, avec toute la diligence nécessaire.

Pourquoi ‘avec la diligence nécessaire’ ? Parce que la conjoncture, ici et ailleurs dans le monde, a déjà passé son point culminant. L’économie mondiale refroidit à grande vitesse. Christine Lagarde, directrice du FMI, estime que la guerre commerciale lancée par le président américain pourrait réduire le PIB mondial de 0,5 % en 2020, soit un montant équivalent à la taille de l’économie sud-africaine.

En Belgique, une facture de 10 milliards d’euros attend le prochain gouvernement fédéral : c’est le déficit budgétaire qu’il devra résorber pour atteindre un équilibre. Autre problème : l’inflation belge reste obstinément supérieure à la moyenne de la zone euro. Associée à notre système ‘unique’ de l’indexation automatique des salaires sur la hausse des prix, cette situation engendre une détérioration de notre capacité concurrentielle.

Tout cela est de fort mauvais augure pour une petite économie ouverte telle que la nôtre, qui est l’économie la plus globalisée du monde et dont la prospérité dépend, ainsi, en grande partie des exportations. N’oublions pas, en outre, que le ‘vrai Brexit’ doit encore avoir lieu, probablement avant la fin de l’année – une situation qui ne présage rien de bon.

Nous ne pouvons donc pas nous permettre de trop traîner (et surtout pas 541 jours comme en 2010 et 2011) à former un nouveau gouvernement fédéral. Au lendemain des élections, certains remettent soudain le sujet communautaire sur la table. Était-ce donc un thème électoral important ? Je ne l’ai tout de même pas perçu ainsi. Est-il opportun de le mettre à l’ordre du jour après les élections ? Cela, me semble-t-il, ne reposerait sur aucun mandat.

En revanche, ce dont nous avons réellement besoin, c’est un agenda socioéconomique mûrement réfléchi. Car une chose est sûre : l’électeur a opté pour une sécurité accrue, un emploi et une retraite stables, un cadre de vie plus sûr, un logement et des soins abordables...

Tels sont (avec d’autres thématiques connexes) les sujets que la politique doit traiter en priorité.

Il va de soi que les entreprises font partie de la solution. Elles constituent l’assise de notre Etat-providence par la plus-value qu’elles créent, par les impôts et les cotisations qu’elles paient, et par leurs efforts en matière de formation et d’innovation. Il revient aux nouveaux gouvernements de soutenir plus que jamais le rôle des entreprises. Comment ? En facilitant et en réduisant les coûts de l’entrepreneuriat, plutôt que l’inverse, afin que notre Etat-providence puisse rester à la fois viable et abordable au cours des années et décennies à venir. Le moment n’est pas aux grandes déclarations. Aujourd’hui, ce qu’il nous faut, c’est du courage politique.

Fa Quix, directeur général