La partition Vivaldi est maintenant écrite, mais l’orchestre peut-il donner une représentation sans fausses notes ?

Opinion du 16/10/2020 de Fa Quix

Certains respirent, soulagés : enfin un nouveau gouvernement fédéral ! Mais comme nous l’avons déjà signalé, un nouveau gouvernement n’est pas une bonne nouvelle en soi. Cela dépend de ce qu’il va faire. Et ce qu’il va faire est écrit dans l’accord gouvernemental de 84 pages.

Cette coalition Vivaldi de sept partis issus de quatre familles politiques différentes ne coule pas de source. Et même si elle se présente comme un gouvernement ‘du centre’, elle semble pencher notablement à gauche. Bien sûr, d’autres coalitions, préférables pour les entreprises, auraient été possibles. Mais cette occasion est définitivement perdue. Nous devons à présent tourner cette page.  

Cependant, la composition de cette partition Vivaldi n’est pas rigide : elle est plutôt vague et sujette à interprétation. Il dépendra donc largement de la virtuosité des instrumentistes de ne pas en faire une cacophonie pleine de fausses notes.

Et comme dans tout bon orchestre, le jeu d’ensemble est une condition essentielle du succès.

Avec Alexander De Croo comme chef d’orchestre, cela devrait être possible. Il combine un grand intellect avec une expérience politique et de l’empathie.  

Et la représentation pourra-t-elle nous surprendre ? Oui, même si nous ne découvrirons pas tellement de nouveaux sons. C’est probablement l’aile verte qui se distinguera le plus. Mais pas nécessairement dans le sens positif. Une sortie complète du nucléaire en 2025, par exemple, hypothéquera notre approvisionnement en électricité à des prix abordables et nous éloignera encore plus de nos objectifs climatiques, étant donné qu’environ 50 % de notre électricité provient maintenant de l’énergie nucléaire exempte de CO2. En revanche, l’intention de ‘stimuler l’utilisation de matériaux durables dans la construction’ offre elle l’opportunité de promouvoir pleinement l’utilisation du bois – le bois oxygène !  

Pour l’instant, nous n’entendons pas encore beaucoup de couacs. Mais les répétitions du nouveau gouvernement viennent à peine de commencer. Nous devrons être très vigilants. Car la situation budgétaire précaire de l’orchestre pourrait bien donner lieu à des débordements en solo. Et cela pourrait ne pas nous faire mal qu’aux oreilles !   

Fa Quix, directeur général