La fermeture obligatoire des magasins ‘non essentiels’ a été une mauvaise décision aux conséquences économiques considérables

Opinion du 08/12/2020 de Fa Quix

Le 1er décembre, les magasins dits ‘non essentiels’ ont été autorisés à rouvrir. Ils n’auraient jamais dû être fermés lors de cette deuxième vague de coronavirus. C’est ce qu’affirment de très nombreux entrepreneurs et commerçants ainsi que leurs organisations telles que Unizo, Navem, Mode Unie, etc., et plusieurs experts vont également dans ce sens. En effet, en règle générale on est d’accord pour dire que faire du shopping ne contribue pas à la propagation du virus. Aux Pays-Bas, en Allemagne et au Luxembourg, les magasins ‘non essentiels’ n’ont jamais fermé. Après le Comité de concertation du 27 novembre, qui a décidé de la réouverture des magasins, plusieurs experts ont admis qu’ils n’avaient jamais demandé cette fermeture. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une décision politique, fermement imposée par le ministre des Affaires sociales Frank Vandenbroucke (SP.a).

Il n’a pas eu d’autre choix que d’admettre que le shopping ne comportait et ne comporte pas en effet pas de risque élevé, vu les nombreuses mesures de sécurité qui ont été prises. Mais il estimait qu’il ‘devait donner un signal et créer un effet choc’, sans aucune preuve scientifique. 

Les conséquences économiques sont considérables. Les dommages directs s’élèvent à quelque 2,5 milliards d’euros de perte de chiffre d’affaires, soit 100 millions d’euros par jour de fermeture, selon les calculs de la fédération du commerce Comeos. Il s’agit d’un coût économique énorme, qui aurait pu être évité. Sans parler du préjudice social en termes de faillites et de pertes d’emplois. Et tout cela sans aucun gain significatif pour la santé.

Certains diront ‘mais suite à cette décision, nous sommes davantage restés dans notre kot’ et le nombre de contacts potentiels a été réduit. Faire du shopping dans les supermarchés est donc tout à fait sûr puisqu’ils n’ont jamais été fermés ? D’ailleurs, il y a beaucoup plus de risques de contacts dans un supermarché que dans la plupart des autres magasins où il y a généralement moins de clients présents en même temps, par exemple dans les magasins d’ameublement.

D’autres font remarquer que les dirigeants peuvent prendre de telles décisions, comme la fermeture des magasins, ‘par précaution’, même s’ils ne sont pas sûrs que cela soit nécessaire. Donc, ‘par précaution’, on peut pratiquement tout mettre de côté, des intérêts économiques aux libertés individuelles en passant par les droits fondamentaux ? Je ne crois pas, non. 

La fermeture obligatoire des magasins n’était ni nécessaire, ni proportionnée, ni efficace (aucun gain significatif pour la santé).

C’était une mauvaise décision politique avec des conséquences économiques majeures.

Cela nuit également à la crédibilité du monde politique. Lorsque le(s) gouvernement(s) prend (prennent) des décisions qui ne sont pas fondées, mais qui sont destinées, par exemple, à avoir un ‘effet choc’, les citoyens placeront également les futures décisions dans ce contexte et concluront que ces mesures ne sont probablement pas nécessaires, mais visent seulement à ‘nous donner une leçon’. Ces mesures ne seront donc pas ou mal suivies, et ce même si elles s’avèrent bel et bien nécessaires dans de tels cas. C’est l’effet boomerang d’une politique non transparente et sans fondement.

Fa Quix, directeur général