Lutter contre la deuxième vague du coronavirus avec des mesures strictement nécessaires et proportionnelles

Opinion du 09/10/2020 de Fa Quix

Nous sommes en plein dans la 'deuxième vague' d'infections redoutée, mais attendue. La question qui nous taraude est la suivante : quelles mesures prendre pour endiguer cette vague ? Lorsque nous examinons les mesures prises durant la première vague, nous constatons immédiatement qu'un nouveau confinement général est non souhaitable. Le nouveau gouvernement fédéral en est également convaincu, et le confirme dans l'accord de gouvernement.

La situation actuelle diffère également de celle vécue durant la première vague. L'augmentation du nombre d'infections et du nombre d'hospitalisations est certes importante, mais plus lente que durant la première vague. Ce n'est que logique : des restrictions s'appliquent toujours aujourd'hui alors qu'elles étaient inexistantes au début de la première vague, mais avaient été rapidement imposées, comme la distanciation sociale, l'hygiène des mains – qui serre encore la main, par exemple ? – et ensuite, le port du masque quand la distanciation ne pouvait être respectée. Il s'agit des principales règles de base. Depuis, une grande partie de la population a adopté ces règles essentielles. Et cela doit nous rendre confiant : la seconde vague ne causera pas autant de ravages que la première. 

Mais la seule 'confiance' ne suffira pas. La décision prise par le Comité de concertation de limiter temporairement les contacts privés est justifiée, car la sphère privée est un lieu privilégié de propagation du virus. Mais il convient également de sensibiliser davantage, surtout les derniers 10 % environ, qui – pour quelle que raison que ce soit – ne respectent pas (correctement) les règles de base. 

Malheureusement, les dirigeants se focalisent beaucoup trop sur des mesures générales. Des interventions ciblées seraient nettement plus efficaces : là où des foyers sont identifiés, comme à Bruxelles. Ou à Paris. Et dans d'autres lieux dénommés hotspots. Des différences importantes sont constatées au sein d'un même pays, voire même au sein des villes. Mais, la fermeture de tous les bars par exemple ne s'apparente pas à une mesure 'chirurgicale'. Il s'agit d'une mesure disproportionnée, voire même inutile, car les bars ne sont pas des lieux privilégiés de propagation du virus. Show me the evidence.

En effet, le bon fonctionnement de l'économie doit être préservé. En Belgique, mais également dans d'autres pays de l'UE (exportations !).

Les usines, les sites de production et les magasins, mais également les bars et restaurants, ne sont pas des foyers importants de contamination. Cela a également été constaté durant la première vague. De plus, toutes les entreprises sont désormais tenues de s'organiser afin de pouvoir fonctionner sans risque de contamination. Dès lors, l'économie doit pouvoir continuer à tourner d'une manière aussi normale que possible. Cela est aussi indispensable pour le financement des soins de santé. De même, les écoles doivent rester ouvertes. 

Nous devons donc apprendre à vivre avec le virus, mais protéger également au mieux les personnes, en se focalisant encore davantage sur les plus vulnérables. Le Comité de concertation doit trouver cet équilibre complexe. Seules des mesures proportionnelles seront efficaces et acceptées par la population. Dans le cas contraire, nombreux seront ceux qui ne s'y conformeront pas et il sera d'autant plus difficile d'éradiquer cette pandémie. 

Fa Quix, directeur général