La relance viendra principalement des entreprises... à condition que leurs fonds propres soient suffisamment solides

Opinion du 12/02/2021 de Fa Quix

Mais aussi ambitieux soient-ils, ces projets publics ne pourront pas à eux seuls assurer cette relance. L’ensemble de l’économie doit également y contribuer. Cela signifie que les centaines de milliers d’entreprises privées de notre pays, tous secteurs confondus, devront fonctionner à plein régime. Mais la pandémie a affecté la capacité financière de dizaines de milliers d’entreprises. Afin de répondre à leurs besoins de liquidités, nombre d’entre elles ont puisé dans leurs fonds propres, outre d’autres mesures. Lorsque l’économie se redressera, leurs fonds (de roulement) et leurs réserves risquent d’être insuffisants. 

Il est donc particulièrement important que les pouvoirs publics prennent plusieurs mesures qui renforcent les fonds propres et soutiennent également les efforts d’investissement.

Fedustria a formulé plusieurs propositions en ce sens, telles que la réintroduction d’une forme de ‘déduction des intérêts notionnels’, permettant de renforcer les fonds propres grâce à un incitant fiscal. De même, le rétablissement temporaire des amortissements dégressifs et majorés serait certainement utile. Et pourquoi pas une nouvelle forme de la loi Cooreman-De Clercq (loi de 1982 qui stimulait fiscalement l’épargne pour investir dans des actions) ? La proposition d’un Fonds de transition mérite aussi toute notre attention, mais son utilité dépendra des conditions d’application.

Une augmentation temporaire des possibilités de soutien donnerait un coup de pouce aux projets de R&D menés par les entreprises, avec ou sans leurs centres technologiques. En effet, dans le contexte de coûts élevés dans lequel nos entreprises de production doivent opérer, l’innovation offre une porte de sortie grâce à la possibilité d’une plus grande valeur ajoutée.

Le niveau de prospérité élevé de notre pays n’est pas dû au hasard. Il est le fruit des efforts soutenus de milliers et de milliers d’entrepreneurs et de leurs collaborateurs pendant des décennies. La crise du coronavirus pourrait anéantir structurellement une grande partie de cette prospérité. Une reconstruction est donc absolument urgente. En effet, le gouvernement n’a-t-il pas promis que toutes les entreprises qui étaient saines avant la crise du coronavirus devraient également pouvoir en sortir en bonne santé ? Une interaction judicieuse des entreprises et des pouvoirs publics peut relancer ce rôle de créateur de richesse.

Fa Quix, directeur général