Le gouvernement qui a le plus d’impact sur les entreprises se fait attendre

Opinion du 23/10/2019 de Fa Quix

Les difficiles formations de gouvernements dans notre pays commencent à donner des résultats, notamment en Wallonie et en Flandre. C’est une bonne chose en soi. Même si bien sûr c’est la politique qu’ils entendent mener qui importe le plus. Le gouvernement fédéral, lui, par contre, se fait encore et toujours attendre.

Si l’on en croit ce que publient les médias ces derniers mois, ce gouvernement fédéral semble ne plus vraiment compter. Toute l’attention se porte sur les gouvernements régionaux et sur les gouvernements communautaires (pour les parties francophones et germanophones). Et au vu de leurs nombreuses compétences, il est vrai que ces gouvernements aussi sont importants. Mais nombre de leurs compétences ne s’appliquent qu’indirectement voire pas du tout aux entreprises. Par exemple le bien-être, la santé, la culture et la politique en matière de médias ne concernent pas directement les entreprises.

D’autres compétences s’inscrivent déjà davantage dans la sphère des entreprises telles la politique de mobilité (lutte contre les files, redevance kilométrique pour le secteur du transport, etc.), l’enseignement (nos futurs travailleurs) et la politique en matière de logement. Des propositions des employeurs d’apporter plus d’attention aux sciences exactes et à l’apprentissage en alternance doivent permettre à l’enseignement de mieux correspondre aux besoins des entreprises.

La politique environnementale et la politique énergétique, incluant la politique climatique, concernent beaucoup plus directement les entreprises. Mais, les décisions relatives à l’approvisionnement énergétique – la prolongation des centrales nucléaires – sont une matière fédérale. Ce seul exemple démontre à quel point notre pays est devenu compliqué, certainement après la sixième réforme de l’Etat. Un plan belge pour le climat nécessite un accord entre pas moins de quatre gouvernements. Cela ne favorise pas une prise de décision rapide et cohérente. Il faudrait un bouton ‘reset’ pour remettre à zéro la structure compliquée de l’Etat belge et la reconstruire de manière beaucoup plus simple et rationnelle.

Le gouvernement wallon est également compétent pour l’économie, l’emploi, la formation, l’innovation et la promotion des exportations. Une collaboration très étroite avec les représentants des entreprises s’impose. 

Malgré cela, c’est le gouvernement fédéral qui a le plus d’impact sur les entreprises... alors que les négociations en vue de sa formation doivent encore débuter. 

Pourquoi un tel impact ? Car c’est ce gouvernement fédéral qui décide en matière d’impôts et de sécurité sociale, de précompte professionnel et de cotisations sociales, d’impôt des sociétés, de douanes, d’accords commerciaux, de justice, de normes produits, etc.

Ce sont là toutes des compétences fédérales. Or, cinq mois après les élections, il n’y a toujours aucun signe de véritable avancée vers un nouveau gouvernement fédéral. L’actuel gouvernement lui, en affaires courantes, se vide, au propre comme au figuré.

Les gouvernements régionaux sont importants pour la politique d’accompagnement des entreprises. Mais nous avons besoin d’un gouvernement fédéral fort et favorable aux entreprises pour les matières qui touchent concrètement ces dernières. L’espoir d’avoir un gouvernement pour le 1er décembre, date à laquelle le Premier ministre actuel, Charles Michel, rejoindra l’Europe, est mince. Même si les cartes ont été sérieusement rebattues par l’électeur, les politiciens élus, et certainement ceux issus des grands partis, ont l’obligation de mettre ce gouvernement fédéral sur les rails sans traîner.

Fa Quix, directeur général