L’absurdité des codes couleur pour les régions et les pays. Et les dommages économiques qu’ils causent

Opinion du 11/09/2020 de Fa Quix

Tout, mais alors tout, semble être bon pour nos politiques et fonctionnaires afin d’arrêter le virus Covid-19, même les mesures les plus idiotes. Des mesures qui sont à la fois inutiles et qui causent beaucoup de dommages économiques. Une politique fondée sur des faits concrets n’est apparemment pas encore pour demain.

Prenez par exemple ces codes couleur pour les régions et les pays où vous souhaitez vous rendre. Vert, orange et rouge. En cas de code orange, un test de coronavirus et une quarantaine sont ‘fortement recommandés’ au retour, tandis qu’en cas de code rouge, ils sont ‘obligatoires’. En outre, il est interdit de se rendre dans une zone rouge. Hier encore orange, aujourd’hui rouge, ça change d’un moment à l’autre. Comme si cette zone était soudainement devenue dangereuse et très contagieuse. Ce n’est généralement pas le cas, bien sûr. Il suffit qu’une propagation se produise dans quelques familles d’un quartier, et le chiffre, exprimé en nombre d’infections pour cent mille habitants, dépasse un seuil donné. Rouge. Vous avez prévu de passer vos vacances dans une maison à la campagne ? Vous n’avez pas le droit d’y aller. Cependant, le risque de contamination y est quasiment nul. Si vous souhaitez envoyer un représentant en voyage d’affaires en Espagne – l’Espagne est rouge depuis début septembre –, ce n’est possible que pour 48 heures comme voyage essentiel.

Ce sont des restrictions grossières à la liberté de mouvement qui sont inutiles, déclare l’épidémiologiste Luc Bonneux, que j’ai déjà cité. “Ces codes couleur sont inutiles car ce n’est pas l’endroit qui compte, c’est votre comportement.” En d’autres termes, même lorsque vous êtes dans une zone rouge – ce qui est donc déterminé de façon très arbitraire –, vous ne courez guère de risques si vous respectez les règles de base : garder ses distances, hygiène des mains, éviter les endroits bondés, limiter les contacts sociaux et port d’un masque là où il n’est pas possible de garder ses distances (à l’intérieur).

Bonneux dénonce avec force l’absurdité de ces codes couleur pour les régions et les pays, et n’hésite pas à affirmer qu’ils causent plus de dommages (économiques) que le virus lui-même n’en causera aux voyageurs. D’autre part, les voyages en avion sont plus sûrs que de rester dans votre salon, grâce au système de filtration HEPA dans les avions. Est-ce que quelqu’un a entendu parler de contaminations massives dans les avions ? Bien sûr que non.

Il n’est pas vrai que les voyageurs constituent un plus grand risque. Début août, sur l’ensemble des personnes testées, à peine 2 % des voyageurs présentaient un résultat positif, contre une moyenne de 3 % pour l’ensemble de la population (entre-temps, ce chiffre est également en train de baisser vers 2 %). En un mot, les voyageurs ne constituent pas en moyenne un plus grand risque pour la santé (risque d’infection) que la population ici. Et lorsque ces voyageurs reviennent dans notre pays, ils sont, comme tous les autres citoyens, soumis à nos règles (bulle de cinq, etc.). Ainsi, même en cas de contamination, la propagation est normalement très limitée.

En attendant, on laisse faire les virologues, les fonctionnaires et les politiques. Sans véritable contrôle parlementaire. Vous avez déjà entendu quelqu’un au Parlement fédéral, flamand ou même européen poser une question critique sur ces codes couleur absurdes pour les régions ?

(Enfin si, j’en connais un en tout et pour tout.) Il ne s’agit donc apparemment pas d’un problème. Pendant ce temps, des hôtels, agences de voyage, compagnies aériennes, restaurants, etc. font faillite. Inutilement. La folie du virus règne.

Et pour finir, où est l’Europe dans cette histoire ? N’est-ce pas là une question par excellence qui devrait être traitée au niveau européen ? A présent, chaque pays a ses propres codes. Une cacophonie. Ce n’est qu’au début septembre, plus de six mois après l’apparition du coronavirus, que l’Allemagne présente une proposition visant à ordonner et à rationaliser le chaos des restrictions de voyage, qui menacent sérieusement la libre circulation des personnes dans l’espace Schengen. Après six mois ! Et on voudrait que les gens aient encore confiance dans le ‘Projet européen’ ?

Fa Quix, directeur général