La crise énergétique ne va pas simplement disparaître, car le gouvernement l’entretient à long terme avec la sortie du nucléaire

Opinion du 18/02/2022 de Fa Quix

La forte hausse des prix de l’électricité et du gaz nous rappelle que la situation est instable et que le monde politique n’a pas de réponse immédiate. Une combinaison du prix du gaz importé et du coût de la centrale électrique la moins rentable expliquerait les prix élevés. Des mesures telles que la norme énergétique et la réduction temporaire de la tva n’apportent pas de solution aux entreprises.

La sortie du nucléaire n’affecte pas seulement le prix de revient, elle met en péril notre approvisionnement en électricité à long terme.

En outre, il semble que les prix élevés du gaz, qui déterminent également le prix de l’électricité produite par les centrales au gaz, ne diminueront pas sensiblement de sitôt. Et maintenant, ce gouvernement fédéral De Croo I veut aussi abandonner complètement l’énergie nucléaire, en la remplaçant par des centrales à gaz subventionnées. Cela ne fera qu’accroître notre dépendance à l’égard des pays étrangers, et surtout des jeux géopolitiques de notre grand voisin, la Russie, par exemple. Ce qui nous rendra à nouveau vulnérables à la manipulation des volumes et des prix.

Mais la sortie du nucléaire n’affecte pas seulement le prix de revient – la production d’énergie nucléaire en Belgique est en effet bon marché – elle met en péril notre approvisionnement en électricité à long terme, surtout à partir de 2025. En 2021, 52 % de notre électricité totale a été produite par des centrales nucléaires, la plus grande source d’électricité qui est également bon marché, disponible en permanence et faible en CO2. Et nous allons maintenant nous en débarrasser. Ce sera également renoncer de facto à l’industrie à forte intensité énergétique... Quelle politique irresponsable ! Et un certain nombre d’entreprises de nos secteurs du textile, du bois et de l’ameublement seront également touchées.

Avec la sortie du nucléaire, ce gouvernement fédéral entretient la crise énergétique à long terme. Et nous ne pouvons pas nous permettre cela en tant que pays. La mi-mars est le jour J. Le gouvernement devra alors prendre une décision finale dans ce très important dossier énergétique. Pour nous, cette décision ne peut être que la prolongation des deux centrales nucléaires les plus récentes, Doel 4 et Tihange 3. Et cette prolongation doit être d’au moins dix ans. Si cela ne se produit pas, la transition énergétique souhaitée – dans laquelle l’électricité doit être le principal vecteur énergétique – sera vouée à échouer lamentablement.

Il est difficile de croire que nous ayons encore à mener ce débat. Vouloir sécuriser l’approvisionnement en électricité grâce à l’énergie nucléaire est une évidence. Il s’agit d’une technologie de pointe dans laquelle notre pays possède une grande expertise, d’une source d’électricité très efficace et respectueuse du climat. Arrêtez donc avec cette folie de la sortie du nucléaire !

Fa Quix, directeur général