La crise énergétique est également le résultat d’une politique énergétique irréfléchie et qui manque de vision

Opinion du 29/10/2021 de Fa Quix

La crainte de la ‘fin du monde’, due au changement climatique, a malheureusement conduit à une mauvaise politique énergétique. En effet, le débat sur le climat a dominé – et domine toujours – le débat sur l’énergie. Tout devait et doit être ‘renouvelable’. Les ‘combustibles fossiles’, tels que le charbon, le pétrole et le gaz, doivent être bannis à tout prix.

La politique énergétique irréfléchie menace de saper fondamentalement le bien-être dans notre société.

Cependant, cette fixation sur le climat a également conduit à une politique énergétique irréfléchie et qui manque de vision. L’énergie nucléaire devrait elle aussi être arrêtée. Dans notre pays, c’est plus qu’imprudent : c’est de la folie. Pas moins de 40 % de notre électricité provient aujourd’hui de l’énergie nucléaire. Elle est bon marché, fiable et rejette peu de CO2. Donc idéale dans la lutte contre le changement climatique. Car, malgré tous les milliards d’euros investis dans les énergies renouvelables telles que le soleil, le vent et la biomasse, nous ne tirons toujours pas 20 % de notre électricité de ces sources renouvelables. Bien entendu, elles ne suffiront pas non plus si la sortie du nucléaire doit être réalisée dans notre pays d’ici 2025, et donc si les sept centrales nucléaires sont fermées.

Par conséquent, le gouvernement fédéral a décidé de construire des centrales à gaz subventionnées pour remplacer ces centrales nucléaires. Donc grâce à l’argent des contribuables. Alors que les centrales nucléaires rapportent de l’argent, grâce à la rente nucléaire. De plus, ces centrales à gaz ne sont pas encore construites. Il y a la question des permis, surtout en Flandre, mais aussi en Wallonie. Moi j’appelle cela une politique irresponsable. Car, supposons que ces centrales ne soient pas prêtes à temps, et que les centrales nucléaires soient déjà fermées dans l’intervalle. Quid alors ? Il faudrait massivement importer depuis l’étranger. Par exemple, l’énergie nucléaire de la France voisine. Ou alors depuis les Pays-Bas et l’Allemagne ? Nous ne pourrons pas leur acheter beaucoup d’électricité : ces pays ont eux-mêmes des pénuries, notamment l’Allemagne, qui est elle-même en train de sortir complètement du nucléaire. Ou voulons-nous acheter l’électricité allemande polluante (issue du charbon) ? Ou alors du gaz provenant de Poutine… Manque de vision et imprudence.

Les prix de l’énergie resteront donc globalement élevés. Les citoyens et les entreprises en paieront les frais. Et le commissaire européen Frans Timmermans, aveuglé par ‘le climat’, en rajoute : des taxes plus élevées par tonne d’émissions de CO2. Pour une famille belge moyenne, cela risque de faire grimper la facture de pas moins de 460 euros par an et par famille (étude de Climact). Les entreprises verront également leurs coûts augmenter et leur compétitivité s’affaiblir, ce qui est certainement un problème pour celles qui doivent concurrencer des entreprises non européennes.

La politique énergétique irréfléchie, tant en Belgique et dans plusieurs pays voisins qu’au niveau européen, menace de saper fondamentalement le bien-être dans notre société. Et le climat s’en portera-t-il mieux ? Poser la question, c’est y répondre.

Fa Quix, directeur général