Le Brexit – Une saga sans happy end, même si une catastrophe a été (provisoirement) évitée

Opinion du 08/11/2019 de Fa Quix

Le risque d’un Brexit dur (No Deal) semble écarté. Du moins pour le moment. Il est étonnant de constater que ce seul fait est déjà considéré comme une bonne nouvelle. Alors que le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne constitue en tout état de cause un recul et non un progrès. C’est un pas en arrière, aussi bien dans le temps qu’au niveau de la coopération. L’UE est en effet un projet de coopération qui a été élaboré par et entre les membres de ce projet, à savoir les Etats membres, au profit de ces membres. Le départ d’un de ces membres est une perte pour les deux parties. En anglais, on parlerait de ‘lose-lose’, c’est-à-dire d’une situation où tout le monde perd.

Et même avant que le Brexit ne devienne finalement une réalité, cette perte est déjà présente. La banque centrale britannique, la Bank of England, a calculé que l’économie britannique a déjà dû subir un manque de croissance économique qui s’élève à au moins 60 milliards de livres sterling depuis le référendum de juin 2016. La cause principale en est l’incertitude, qui incite les consommateurs britanniques à faire preuve de prudence dans leurs dépenses et à reporter pour cette raison les achats importants tels que les voitures et les aménagements intérieurs. Mais la hausse de l’inflation en conséquence de l’affaiblissement de la livre sterling a également affecté le pouvoir d’achat du Britannique moyen. Et pour finir, il y a les nombreuses ‘relocalisations’ d’entreprises qui quittent le Royaume-Uni pour s’installer en Irlande ou sur le continent européen.

À la fin du mois d’octobre de cette année, de nouveaux épisodes ont été ajoutés à la saga du Brexit. Le scénario catastrophe du Brexit dur est (pour l’instant) écarté. Si le Parlement britannique valide entièrement l’accord sur le Brexit, il s’ensuit une période de transition jusque fin 2020 (qui pourra exceptionnellement être prolongée de 1 ou 2 ans). Pendant cette période de transition, rien ne changera pour les entreprises exerçant des activités commerciales. Cela permettra non seulement de retrouver un peu de tranquillité d’esprit, mais aussi d’assurer la continuité des relations commerciales.

Le fait que personne ne souhaite un Brexit dur ne signifie pas pour autant que le danger soit définitivement écarté. Fin janvier 2020 et fin décembre 2020, le spectre du ‘No Deal’ pourrait bien resurgir. Mais petit à petit, l’accent se déplace toutefois sur la nouvelle relation commerciale future entre le RU et l’UE.

Avec toutes les péripéties vécues au cours de ces trois dernières années et demie, le Brexit se profile comme une saga sans happy end. Mais en même temps, la catastrophe du No Deal a pu être évitée, du moins provisoirement. Conjointement avec d’autres organisations d’employeurs telles que la FEB et la Fevia (alimentaire), nous avons demandé à nos gouvernements, et en particulier au gouvernement fédéral et au gouvernement flamand, de faire en sorte que le Brexit se déroule de manière fluide et en causant le moins possible d’inconvénients pour les entreprises. Les autorités portuaires de Zeebruges, d’Anvers et de Gand, ainsi que les douanes et l’agence FIT en Flandre, y ont apporté et y apportent toujours leur pleine coopération. Et enfin les entreprises elles-mêmes : elles ont démontré qu’elles se sont préparées au mieux pour affronter la nouvelle situation.

Dès que le résultat du référendum sur le Brexit était connu, Fedustria et les entreprises concernées ont misé sur le ‘damage control’. Le ‘control’ est là (le No Deal est – espérons définitivement – écarté), mais le ‘damage’ est également là, même s’il est sous contrôle (lisez : limité, la situation aurait pu être bien pire). Nous ne pouvons pas le répéter assez : personne ne gagne dans la saga du Brexit.  

Fa Quix, directeur général