L'objectif doit être de faire en sorte que toute l'économie fonctionne à nouveau normalement le plus rapidement possible

Opinion du 13/11/2020 de Fa Quix

Le gouvernement fédéral a adopté un vaste ensemble de mesures de crise afin de lutter contre les conséquences négatives du second confinement. Puisque de nombreux magasins, tout comme les cafés et les restaurants, ont été contraints de fermer leurs portes, des dizaines de milliers d'entreprises perdent leurs revenus et des centaines de milliers de personnes perdent au moins provisoirement leur emploi. Fedustria ainsi que les autres organisations d'employeurs ont donc exigé un vaste ensemble de mesures de soutien.

Le gouvernement fédéral y a répondu avec, comme principale mesure, la prolongation du chômage temporaire 'pour force majeure corona'. Bon nombre d'autres mesures de soutien ont également été prises.

Tout cela coûte évidemment beaucoup d'argent aux autorités... De l'argent qu'elles n'ont pas et suite à quoi notre dette publique se rapproche des 130 %. Le contribuable le paiera tôt ou tard. 

Il est de loin préférable d'éviter ces dépenses colossales. Ce n'est possible que si les entreprises peuvent à nouveau fonctionner 'normalement'. Autrement dit, si le confinement est levé pour les magasins.

Nous avons appris de la première vague que ce n'est pas là que l'on retrouve les risques de contamination. D'ailleurs, très vite lors de la première vague, les 'entreprises non essentielles' ont été obligées de prendre des mesures corona strictes pour pouvoir rouvrir. Ces mesures étaient toujours largement en vigueur fin octobre. Les 'magasins non essentiels' ont toutefois dû fermer début novembre. Il s'agit d'une décision infondée et excessive du Comité de concertation. Nous attendions plus de sang-froid de nos dirigeants. Qu'ils attendent par exemple les résultats de la première série de mesures du 19 octobre (fermeture de l'horeca, réduction de la bulle, etc.) avant d'annoncer des restrictions supplémentaires. 

En effet, que constate-t-on ? Le 2 novembre, le jour où le confinement est entré en vigueur, le nombre de contaminations avait déjà diminué de moitié. Oui, vous lisez bien. Diminué de moitié, avec une nette tendance à la baisse. Ce second confinement n'aurait probablement pas été nécessaire. D'autant plus qu'au moment de cette décision (30 octobre), les vacances d'automne prolongées débutaient ; deux semaines au cours desquelles une possible source de contamination a été interrompue. 

Que le gouvernement ait voulu éviter la foule dans les rues commerçantes avec la fermeture des magasins est un faux argument. Prenons l'exemple des magasins d'ameublement et de décoration : ils ne se trouvent généralement pas dans des artères commerçantes fort fréquentées. On aurait pu éviter la fermeture générale des magasins en leur offrant la possibilité, par exemple, de travailler sur rendez-vous ou en réduisant le nombre de clients admis par m² afin d'éviter toute affluence éventuelle. Les préjudices sociaux et économiques seraient alors restés limités. Pour les magasins d'ameublement et de décoration, c'était très certainement une alternative. Mais la fermeture ? Non, c'est clairement une décision excessive, arbitraire, inefficace et surtout disproportionnée par rapport aux préjudices sociaux et économiques qu'elle entraîne. 

Ouvrez donc ces magasins ! Tous les magasins qui peuvent fonctionner sans risque de propagation du virus. Ce sera la meilleure et la moins coûteuse des mesures de relance que le gouvernement pourra prendre. A moins que le gouvernement préfère montrer à la population qu'il 'gouverne fermement'... en adoptant des mesures excessives ? 

Fa Quix, directeur général