Brexit: le scénario catastrophe a certes été évité, mais les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni seront de toute façon plus difficiles

Opinion du 15/01/2021 de Fa Quix

Un Deal a tout de même été conclu in extremis, juste avant Noël. Le Premier ministre britannique Johnson ne pouvait en effet pas se permettre un No Deal. Il lui fallait simplement amorcer un virage ‘crédible’ pour le faire accepter par ses partisans. Le fait d’avoir qualifié le Deal de ‘victoire’ va probablement lui revenir à la figure tel un boomerang.

En effet, il n’y a pas de gagnants au Brexit et les Britanniques seront les plus grands perdants.

Nos entreprises qui ont le Royaume-Uni comme débouché en subiront également les conséquences, même celles qui sont parfaitement préparées. Pour prendre un exemple dans un autre secteur : l’entreprise alimentaire Agristo, qui vend un tiers de ses produits surgelés (frites) au Royaume-Uni. Cette entreprise de pointe de Flandre occidentale a automatisé l’ensemble du processus douanier et a réglé tous les problèmes potentiels d’exportation. “Mais s’il y a de longs embouteillages sur les autoroutes menant aux ports, nos camions perdront du temps de toute façon”. 

Il existe également des craintes légitimes que les douanes britanniques ne soient pas prêtes pour le Brexit. Cela entraînera certainement des ambiguïtés, des malentendus et même des erreurs – souvent inconscientes – au cours des six premiers mois. Et cela entravera les exportations. Pour les pme, les défis sont encore plus grands, car le Brexit crée une complexité administrative supplémentaire, qui nécessite un suivi spécialisé. Surtout lorsque le marché britannique, n’est p. ex. pas un marché de premier plan. Ces entreprises pourraient bien perdre leur débouché britannique. La question est de savoir qui en profitera ?

En outre, l’économie britannique connaîtra une profonde récession en 2021, du moins au premier trimestre. Le Covid-19 frappe le Royaume-Uni plus durement que la moyenne dans l’UE. Mais le Brexit cause également des dommages économiques tant temporaires que permanents. La perte économique à long terme atteint 4 % du PIB britannique, soit l’équivalent de quelque 100 milliards d’euros. 

L’UE veut utiliser un fonds Brexit pour amortir les conséquences les plus lourdes. Nous devons veiller à ce que les entreprises textiles concernées puissent compter sur un soutien maximal. Mais il est capital que l’on s’engage des deux côtés de la Manche à faire en sorte que les échanges commerciaux continuent à se dérouler le plus harmonieusement possible à l’avenir.

Fa Quix, directeur général