La politique porte ses fruits, mais il reste encore beaucoup de choses à réaliser

Opinion du 16/11/2018 de Fa Quix

Le 12 novembre dernier, Charles Michel visitait la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB). Le Premier ministre a défendu à cette occasion le bilan (provisoire) du gouvernement fédéral qu’il dirige depuis quatre ans déjà, et dévoilé ses projets pour les six derniers mois de cette législature.

Le Premier ministre s’est adressé aux membres du Comité stratégique (dans lequel siègent notamment Luc Billiet et Jean-François Gribomont, respectivement président et ancien président de Fedustria). Le Premier ministre est tout d’abord revenu sur les principales ambitions du gouvernement : favoriser le développement économique, créer de l’emploi et relancer les investissements. 

“Tels sont les ingrédients d’une sécurité sociale solide, notre meilleure garantie face aux enjeux de demain comme les pensions et les soins de santé.”

M. Michel a ensuite énuméré les nombreuses réformes structurelles opérées en l’espace de quatre ans. Pour commencer, le gouvernement est parvenu à améliorer notre compétitivité au niveau du coût salarial, pour gommer quasi intégralement notre handicap salarial par rapport à 1996 (reste maintenant à se débarrasser du handicap historique cumulé avant 1996). Derrière la réforme de la loi sur la compétitivité de 1996, de même que le tax shift et le saut d’index (avec corrections sociales) se cachait l’intention explicite de donner plus de capacité d’action aux entreprises. Dans le même ordre d’idées, le gouvernement Michel a proposé la réforme de l’impôt des sociétés, avec une réduction du taux facial et une simplification devant amener plus de transparence et de stabilité fiscale.

Le marché du travail fait lui aussi l’objet d’une réforme, visant à lutter contre le phénomène de resserrement. Le jobs deal, qui s’accompagne d’une série de mesures, est entré en phase d’exécution. M. Michel a également défendu l’idée de la dégressivité accélérée des allocations de chômage, précisément dans l’optique d’inciter plus de gens à retrouver plus rapidement du travail. Dans tous les cas, le gouvernement Michel a déjà enregistré des résultats tangibles sur le plan de la création d’emplois : plus de 200.000 nouveaux emplois en quatre ans.

Un sujet délicat reste celui de l’énergie. Si le danger immédiat d’un ‘black-out’ semble écarté, les revendications concernant le tarif abordable et la sécurité d’approvisionnement de l’électricité restent à l’ordre du jour. “Des mesures ont été prises au travers du pacte énergétique. Je suis conscient qu’un suivi scrupuleux s’impose dans ce domaine [note : un comité de suivi a été prévu], et ce dossier continuera à réclamer une attention toute particulière au cours des prochaines années.”

Le Premier ministre a ensuite abordé son Pacte d’investissement destiné à stimuler notre infrastructure physique et numérique, clôturant son allocution la tête haute. 

Et nous devons admettre, il est vrai, que le gouvernement Michel a signé des avancées concrètes... mais il reste encore beaucoup de choses à réaliser. Tel est le sentiment commun qui ressort d’une consultation rapide de nos entreprises membres. Un sondage réalisé le 10 octobre dernier auprès des membres du Conseil d’administration de Fedustria a en effet révélé que les charges salariales et le coût de l’énergie resteraient une préoccupation prioritaire pour ce gouvernement comme pour la ou les prochaines législatures. De même, les tracasseries administratives – car la simplification évoquée par M. Michel n’est pas vraiment constatée dans la pratique – et le resserrement et l’inadéquation permanents sur le marché du travail sont autant d’obstacles à la croissance de nombreuses entreprises. Nulle raison dès lors d’afficher de la suffisance. 

Fa Quix, directeur général