Be prepared

Opinion du 08/07/2016 de Fa Quix

Les Britanniques vont encore le regretter, ce Brexit, si ce n’est pas déjà le cas. Mais eux et nous devrons apprendre à vivre avec lui. Et à en tirer le meilleur parti. Avant le référendum britannique, l’influent ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble déclarait, dans Der Spiegel : “Dans une époque de globalisation, une ‘Splendid Isolation’ n’est pas une option intelligente”. Et, comme l’ancien président européen Herman Van Rompuy l’exprimait au cours d’un déjeuner-débat à la FEB, le 29 juin 2016 : “Je ne comprends pas que la patrie du common sense ait organisé cela, puis ait voté en faveur du départ et s’étonne maintenant des conséquences” (voir également De Tijd du 1er juillet 2016).

Et ces conséquences sont à distinguer selon qu’elles se manifestent à court ou à long terme. À court terme, la livre britannique semble, une semaine après le Brexit, devoir plus ou moins se stabiliser à un niveau inférieur d’environ 10 % à la situation qui prévalait avant le Brexit. Pas une bonne nouvelle pour nos exportateurs, mais pas non plus la grande catastrophe prédite par certains. Et comme la bourse britannique s’est déjà bien ressaisie, un éventuel redressement de la livre britannique dans quelques semaines/mois n’est pas à exclure. Mais la confiance des consommateurs du Royaume-Uni ne peut, dans ce cas, pas être affectée. Car cela pourrait annoncer une récession, même si nous ne pensons pas qu’elle serait dramatique (comprendre : ce ne sera pas une profonde, ni une longue récession). Si la livre et la confiance des consommateurs cessent de baisser, les dommages économiques causés à court terme à nos entreprises par le Brexit seront moins importants que ce que l’on avait craint. Si.
 
À (plus) long terme, nous avons certainement des raisons d’être inquiets. Car en quoi consistera le nouvel accord commercial à conclure entre l’UE et le RU ? La meilleure option pour le commerce est un accord tel qu’avec la Norvège ou la Suisse. Mais comme le professeur Frank Vandenbroucke (Université d’Amsterdam) le faisait judicieusement remarquer : “La Suisse et la Norvège sont florissantes grâce au marché communautaire européen, mais ont également dû renoncer à une part de leur souveraineté pour cela” (De Standaard du 28 juin 2016). Mais c’est justement là que se situe le problème du RU : ‘Take back control’. Ou, en d’autres termes : reconquérir sa souveraineté de l’UE constituait l’enjeu du camp (vainqueur) du Brexit. Cela préfigure déjà de rudes négociations entre l’UE et le RU.
 
Des observateurs de premier plan s’attendent à ce que la nouvelle situation commerciale entre en vigueur le 1er janvier 2019. Jusqu’à cette date, le RU reste membre de l’UE et le marché intérieur reste ce qu’il est. Mais il s’agit, dans l’intervalle, de bien nous préparer à la nouvelle situation. Et de rester vigilants. Pour, par exemple, ne pas servir de monnaie d’échange dans un accord prévoyant par exemple l’introduction d’entraves commerciales pour nos produits. Fedustria continuera bien entendu à suivre de très près ce dossier. Notre première tâche consistera à faire l’inventaire de ce que pourraient être les implications de la nouvelle situation à partir de 2019. 
 
Fa Quix, directeur général