Marché du travail en Belgique : de nombreux déséquilibres, et pas de solutions simples

Opinion du 08/06/2018 de Fa Quix

Un défi pour beaucoup d’entreprises : trouver du personnel. Ce n’est pas seulement un problème dans notre secteur, et encore moins un problème limité aux régions où nos entreprises sont actives. Selon Eurostat, plus de 132.000 emplois vacants étaient inoccupés en 2017 en Belgique. La Belgique prend ainsi de loin la tête du classement des pays européens au taux de vacance d’emploi élevé. 

Les autorités belges, conscientes du problème, prennent des mesures. Mais ces mesures ne seront pas suffisantes à court terme.

Car le marché du travail belge connaît de nombreux déséquilibres. Un premier déséquilibre est le suivant : le taux de chômage (chez les jeunes) est toujours substantiel, surtout en Wallonie et à Bruxelles, alors que plus d’un poste vacant sur trois ne requiert pas de diplôme spécifique ou une quelconque expérience. Pourquoi ces jeunes, généralement peu qualifiés, ne travaillent pas ? Une partie du problème vient de ces jeunes : environ un jeune sur six en Wallonie est un NEET (Not in Education, Employment or Training). 

Les services régionaux de l’emploi, comme le Forem en Wallonie, sont-ils suffisamment efficaces pour accompagner les demandeurs d’emploi dans leur quête d’un travail ? 

Généralement, on entend que les entreprises reçoivent de la part de ces services de l’emploi des candidatures qui ne correspondent pas du tout au poste vacant. 

Les services privés, tels que les agences d’intérim, restent donc toujours les partenaires privilégiés de nos entreprises lorsqu’elles souhaitent engager du nouveau personnel. Mais ces prestataires de services font aussi face à la pénurie sur le marché de l’emploi.

On retrouve un deuxième déséquilibre entre les diplômes recherchés et les diplômes remis. Tous les pays développés font face à ce problème, mais le déséquilibre est beaucoup plus marqué dans notre pays. De nombreux jeunes font des études qui n’offrent pas ou peu de débouchés sur le marché de l’emploi. On ne peut les obliger à suivre des études orientées sur l’avenir. Mais sont-ils suffisamment informés et motivés ? Notre manque cruel de diplômés dans les filières STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) n’est pas nouveau. Mais pourquoi le nombre de candidats dans ces filières n’augmente qu’au compte-gouttes ?

Aux niveaux des secondaires et des bacheliers, nous manquons aussi énormément de techniciens. Davantage de stages et de projets dans et avec les entreprises sont indispensables. Et nos centres de formation Cefret (textile) et Woodwize (bois et ameublement) continuent d’offrir leurs services aux entreprises afin de former les jeunes ‘sur mesure’ en entreprise et de ‘recycler’ les employés. 

‘Travailler’ doit devenir plus attirant, tant pour les employeurs que pour les employés. Les employeurs paient encore beaucoup de charges salariales en plus du salaire brut, ce qui rend le recrutement de certaines catégories de travailleurs difficile. Et certains travailleurs perdent leur motivation parce qu’ils perçoivent très peu de net par rapport à leur salaire brut. Malgré le tax shift et d’autres mesures, le coin salarial reste très élevé en Belgique.

Enfin, nous allons devoir investir davantage dans la migration économique au sein de l’UE. Ce phénomène est de plus en plus présent et peut constituer une solution en particulier pour les emplois en pénurie. 
En résumé, il n’existe pas une seule bonne mesure ou solution unique miracle pour régler le problème de la pénurie sur le marché du travail. Il faut agir à plusieurs niveaux.

Fa Quix, directeur général